En 2014, à la suite de la dissolution de la Conférence régionale des élus, les acteurs de la société civile de la Mauricie s’étaient réunis pour s’engager à travailler au développement de la région. Depuis, la concertation régionale s’est affaiblie. Et selon l’auteur de ce texte, il manque un vrai leader pour la région.

Leader d’envergure recherché pour la Mauricie

Le 11 août dernier, dans un éditorial traitant des statistiques sur le déclin démographique en Mauricie, Martin Francoeur terminait son texte en disant: «Ce que de telles données apportent encore, outre une stupéfaction bien légitime, c’est aussi le perpétuel questionnement par lequel on se demande comment il se fait que la Mauricie, pourtant région centrale du Québec, se retrouve toujours avec des statistiques aussi décourageantes. Ça reste un grand mystère.»

À mon avis, M. Francoeur a raison de souligner que cette réalité de la Mauricie est mystérieuse. Les statistiques sont peu reluisantes à bien des égards, et ce, depuis trop longtemps: taux de natalité, salaire moyen, création d’emplois, décrochage scolaire et le triste exode des jeunes cerveaux vers les grands centres.

L’économie va bien au Québec et la Mauricie en profite, mais étrangement elle ne réussit pas à en bénéficier pleinement. Pourquoi?

Pourtant, de nombreuses personnes dévouées déploient des efforts concrets pour améliorer la prospérité de la région. Parmi ceux-ci, on retrouve de nombreux élus municipaux et certains acteurs du développement économique. De plus, la Mauricie, en plus d’être bien située géographiquement, possède des richesses naturelles, des services publics et des infrastructures diversifiées.

Dans un tel contexte, il faut donc questionner le leadership régional. La Mauricie a besoin qu’un chef d’entreprise crédible ou qu’un élu au niveau provincial ou fédéral se lève au-dessus de la mêlée et de la partisanerie politique et décide de prendre le «taureau par les cornes». Il est impératif, pour le bien-être de notre futur collectif, que la Mauricie soit gérée à des niveaux stratégiques et d’envergure par des femmes et des hommes qui ont une vision globale et qui ont la capacité de rassembler au lieu de diviser les forces vives du milieu et, de surcroît, qui ont des réflexes de gestionnaires expérimentés. Bref, de faire avec la Mauricie dans son ensemble ce que les élus des villes comme La Tuque, Shawinigan, Trois-Rivières, Louiseville et Bécancour font très bien à leur niveau respectif.

Ce leader devra, à mon humble avis, créer des partenariats économiques basés sur la confiance avec les autorités des trois régions limitrophes de la Mauricie: Lanaudière, Portneuf et le Centre-du-Québec.

Elle ou il va réunir sur une base mensuelle les maires des villes centres: La Tuque, Shawinigan, Trois-Rivières, Louiseville et Bécancour afin d’établir des actions concertées et complémentaires, dans un esprit d’entraide et de dialogue et non de compétition malsaine (esprit de clocher). Sa compétence, sa vision positive des enjeux et surtout son leadership naturel feront que les maires des villes centres de la Mauricie vont d’emblée conférer à ce leader une autorité morale.

Cette femme ou cet homme va aussi agir en leader pour faciliter le maillage entre les entreprises et les maisons d’enseignement de la Mauricie. Pour avoir longtemps siégé sur un conseil d’établissement d’une école de la région, d’un conseil d’administration d’un Cégep de la région et pour avoir été un membre de la direction d’une université de la région, je sais que la Mauricie peut compter sur de nombreux professeurs et chargés de cours très compétents, dévoués à leurs étudiants et passionnés par leur profession et par le fait de transmettre leurs connaissances. Les professeurs avec qui j’ai eu le bonheur de transiger sont aussi ouverts d’esprit et très soucieux d’aider leur communauté.

Il est bien connu que les sociétés qui investissent dans la formation des jeunes ou de la main-d’œuvre active sont des civilisations performantes qui obtiennent des résultats visant l’excellence et des niveaux de qualité de vie des plus enviables. Le rôle d’une ou d’un véritable leader régional est de notamment valoriser la profession d’enseignant et de prendre les dispositions et actions pour s’assurer que les offres de programmes soient en lien avec les besoins des entreprises et organismes de la région de la Mauricie.

La campagne électorale actuelle est une des occasions idéales de doter la région d’individus qui ont fait leurs preuves à titre de leaders visant l’excellence et qui vont défendre les intérêts de la Mauricie avant tout. Nous saurons reconnaître ces individus ayant l’étoffe requise pour diriger les destinées de notre région par leur capacité à convaincre, leurs réalisations passées et leur aptitude à faire atterrir dans le concret leurs idées novatrices.

Enfin, ce leader aura, dans son parcours, su démontrer que l’intégrité est une valeur qu’elle ou qu’il saura faire vivre dans l’action et non seulement dans son discours.

Martin Gélinas

Trois-Rivières