Jean-Francois Lisée, chef du Parti québécois.

Le vrai Jean-François

Durant cette campagne électorale, les citoyens du Québec sont en train de découvrir celui que les membres du PQ connaissent déjà, le vrai Jean-François Lisée, un homme franc, plein d’assurance et droit.

Je me permets de citer un commentaire de Luc Lavoie, un ennemi avoué du PQ, celui-là même qui avait dit «Moi, j’aimerais pouvoir chasser les séparatistes» en commentant les pétitions sur le sujet de la chasse à l’écureuil. Cette fois Luc Lavoie dit: «C’est rafraîchissant dans cette campagne de voir un gars souriant, détendu, qui sait manier l’humour et parler avec calme; nous qui sommes habitués à du tirage de boue entre les partis.»

Récemment, je fus surpris d’entendre les panellistes de Radio-Canada admettre que Jean-François Lisée était le chef qui s’était démarqué le plus et avait fait le meilleur début de campagne après une semaine, son parti n’étant pas éclaboussé par des scandales extérieurs. Naturellement, je m’en réjouis.

Ce qui m’a surpris également c’est le résultat du sondage de Léger qui affirme que «35 % des jeunes de 18 à 34 ans voteraient présentement pour le Parti libéral». On constate comme le cite Joseph Facal: «Nos jeunes sont fédéralistes et ont complètement avalé la doctrine multiculturaliste et pour eux, la diversité est uniformément bonne et toute critique ne peut venir que d’un esprit rongé par la xénophobie.» Et il ajoute: «Pour eux, nous les Québécois, nous ne sommes qu’une minorité ethnique parmi d’autres. Ce qu’ils veulent c’est faire de l’argent et faire leur place dans le système, devenir un boulon dans la machine et s’amuser.» Désolant, n’est-ce pas, de constater qu’ils ne se questionnent même pas sur le régime qui conviendrait le mieux aux Québécois?

Pour revenir à M. Lisée, tous peuvent constater que c’est un leader né et qu’il a la stature pour devenir un chef d’État qui sait réagir promptement aux aléas qui peuvent survenir. Seulement son initiative, qui aurait dû être prise par le premier ministre, d’approcher les autres partis pour faire une déclaration unique sur le sujet de la gestion de l’offre dans le pacte de l’ALENA avec les États-Unis le prouve.

Après avoir dit qu’il n’avait pas besoin de personne et reprenant les paroles de Pierre-Elliott Trudeau («Just watch me!»), M. Couillard est descendu de ses grands chevaux et a accepté de se joindre à cette coalition avec les gens de l’UPA pour faire pression sur le fédéral. Il est à noter que cette gestion de l’offre, notamment sur le lait, touche le Québec plus que toute autre province, sans parler du bois d’œuvre. Mais comme nous ne sommes qu’une province, c’est Ottawa qui décidera si on tient notre bout ou si on fait des concessions. Un bon test sur la fermeté de monsieur Trudeau.

Démontrant beaucoup de classe, M. Lisée a félicité le premier ministre pour sa fermeté vis-à-vis Ottawa. Il n’a pas fait ce geste pour obtenir des votes mais espérons que ça en fera réfléchir plusieurs à l’approche de l’élection. J’ai bien hâte au débat des chefs où nous serons à même de constater qu’il ferait le meilleur chef pour diriger notre province et surtout la défendre afin de protéger notre langue, notre culture et nos droits et libertés face à Ottawa.

Gaston Bouffard

Shawinigan