Le voile musulman: un grand retour en arrière

Après avoir lu ce très beau texte, j’aimerais y ajouter quelque chose. D’entrée de jeu, je me considère comme une personne ouverte à la diversité. Samya souligne que la différence entre elle et son amie Sara, est que cette dernière est voilée. Je dois dire que je ne connais pas grand-chose à la religion musulmane et que je n’ai rien contre les symboles religieux. J’avoue même, bien humblement, que je ne sais pas trop le pourquoi du port du voile chez certaines femmes, tout comme beaucoup d’autres personnes au Québec ou ailleurs. Il se véhicule plutôt des idées toutes faites, des préjugés.

En réaction au texte de Samya Lemrini intitulé «À vous tous et toutes, merci», publié dans notre édition du samedi 27 juillet dernier.

Ce qui me dérange du voile, c’est qu’il a un sexe: seule la femme le porte. Si les hommes le portaient aussi, ce serait déjà moins dérangeant. L’autre chose, c’est que le Québec a réussi à se sortir de la «grande noirceur» à un fort prix. De même, les femmes ont fait avancer leur cause à coups d’efforts de plusieurs années. À l’époque de nos mères ou de nos grand-mères – dépendant de notre âge – les femmes devaient se bander la poitrine, dissimuler leur ventre lors de grossesses, porter des jupes longues afin d’exposer le moins possible leur corps. C’est ce à quoi le voile me fait penser, un grand retour en arrière pour les femmes.

Alors lorsque je vois une femme voilée, je me sens un peu «moins» comme femme, moins importante, moins visible, moins égale. Ces femmes voilées ont-elles conscience de cet enjeu de femmes seulement, outre la religion et les hommes? Savent-elles le chemin parcouru par leurs semblables, au Québec, pour soi-disant se libérer?

Sans compter qu’il doit faire si chaud là-dessous par temps de grande chaleur...

Louise Doyon

Shawinigan