Le voile, l’institution et la laïcité

OPINIONS / «Le voile, première condition pour islamiser une société». Cette phrase, émise par Pascal Hubert, un universitaire de Bruxelles, est une phrase lourde de sens.

En Europe et chez nous, de plus en plus d’églises «ferment» alors que des mosquées s’implantent. Le nombre de femmes voilées a augmenté. Des femmes musulmanes, éduquées et pour certaines nées en Occident, ont été, par des imams et autres, sensibilisées et sollicitées pour répondre aux arguments des féministes déplorant ce port du voile qui pénalise la femme et la rend inférieure aux hommes. Certaines féministes non averties, ainsi que les partis politiques de gauche, les appuient en pensant ainsi rendre justice au multiculturalisme mal interprété. Il n’est jamais trop tard pour remédier à une situation ou la changer; il n’en tient qu’au gouvernement. Heureusement, le nôtre de la CAQ, prend ses responsabilités pour le bien commun de la société québécoise en prenant position pour la laïcité et le bannissement du port de signes religieux en certaines fonctions d’autorité.

En 1994, en Algérie, les islamistes, désireux d’imposer à l’Algérie l’État islamique, avaient exigé aux étudiantes et aux lycéennes le port du voile. Pour avoir refusé ce symbole, Katia Bengana, à l’âge de 17 ans, a été tuée, il y a de cela vingt-cinq ans.

Le mois dernier, la Cour constitutionnelle de Bruxelles a donné raison pour l’interdiction des signes convictionnels, signes que nous nommons ici religieux, dans les établissements de l’enseignement supérieur de la ville de Bruxelles.

Ici au Québec, la cour aussi s’en mêle. La communauté musulmane a fait appel aux tribunaux pour faire invalider la loi 21 et on tente de faire croire que la loi 21 qui établit la laïcité, vise principalement les femmes porteuses du voile islamique. Or, c’est faux. La neutralité est un principe qui s’impose aussi au personnel de l’enseignement, femme ou homme, non seulement en ce qui concerne les religions, mais aussi le système et les partis politiques.

Malheureusement, certains opposants à la loi 21 ont voulu faire croire que cette loi relevait du racisme. Cet amalgame religion-racisme est complètement faux comme il est si bien dit dans le journal Le Devoir du 4 juillet. En effet, le texte d’opinion intitulé «Racisme et laïcité, le malheureux amalgame», écrit par Claude Kamal Codsi et Étienne-Alexis Boucher du Rassemblement pour la laïcité (RPL), affirme que «des voix se sont ainsi élevées pour dénoncer l’existence d’un «racisme systémique» au Québec en se basant notamment sur l’existence de la Loi sur la laïcité de l’État. Le malheureux amalgame entre racisme et laïcité ne peut être le signe que d’une incroyable méconnaissance de la laïcité ou de la mauvaise foi de certains opposants à la Loi sur la laïcité de l’État».

Wassyla Tamzali, avocate à Alger, a écrit: «Le voile n’est pas un choix mais un consentement». Cette nuance est importante puisqu’on ne peut comparer une obéissance déguisée en choix et qui, en fait, n’est qu’un consentement. Il y a une différence entre le consentement et le choix. Ces femmes porteuses de voile se soumettent à ce rituel imposé, mais si ce rituel était changé du jour au lendemain, par une réforme, elles ne le porteraient plus. Le mot choix est donc inapproprié.

Il faut assumer nos choix en adultes responsables. L’obstination de porter un foulard est une des causes qui exclut, à ces femmes, l’obtention d’un emploi dans une fonction en autorité, parce que l’intérêt de l’élève doit passer avant celui de l’enseignante. Ce n’est pas la loi 21 à qui il faut que ces femmes s’en prennent, mais à l’endoctrinement reçu d’une religion archaïque et désuète. Femmes voilées, si vous vous pensez désobéissantes aux imams qui veulent vous imposer le port du voile, eh bien demandez-leur de vous «déconfiner la tête». Ainsi, cheveux au vent, vous serez libérées de cet «endoctrinement-virus». Vous pourrez ainsi avoir votre vraie liberté. Il est du devoir des imams et des autres leaders religieux d’accommoder leurs fidèles en trouvant des moyens pour qu’ils respectent la loi.

Face au problème du port des signes religieux, des gens s’en foutent ou prennent cela à la légère. Cela ne les dérange pas que des gens en portent et ils évoquent le multiculturalisme pour justifier un «free for all» qui unirait, selon eux, tout le monde. Or, c’est une utopie de penser ainsi si on se réfère à l’historique des religions de tous les temps, ce que les jeunes ne font pas. Ils ignorent le passé.

Par le plus fort, une autre guerre pour dominer l’autre se produira, l’Histoire le prouve: les religions divisent alors que la laïcité unit. D’autres groupes de personnes sont alarmés et alarmistes; parce que plus conscients des dangers qui nous guettent si nous laissons l’islamisme s’emparer de nos institutions.

Qui a raison? L’avenir le dira. Je conclus en disant qu’il vaut mieux prévenir que guérir.

Andréa Richard

Trois-Rivières