Le Vatican, c’est loin... et c’est ici, en Mauricie

OPINIONS/ La crise qui secoue l’Église catholique depuis quelques jours et qui fait trembler le Vatican n’a rien de passagère. Les abus sexuels commis par des milliers de prêtres, possiblement dans tous les coins de la planète, étouffés par les évêques et même les cardinaux, mais dénoncés finalement par le pape lui-même, ne sont peut-être que la pointe de l’iceberg.

Le livre Sodoma, dont la sortie a beaucoup fait jaser le mois dernier, traite surtout des déviances vicieuses de ces membres du clergé – notamment de plusieurs hauts dirigeants de la sainte Église à Rome – qui ont sali l’institution en agressant enfants et adolescents à répétition. En prime, la façon complice dont ces multiples crimes ont été cachés via l’aveuglement volontaire, voire l’hypocrisie des uns et des autres.

On ne parle pas encore ou si peu de représentants de Dieu pris à voler, à blanchir de l’argent à même les coffres de la firme papale et j’en passe.

La porte vient de s’ouvrir sur le scandale et même le sympathique chef François sera probablement emporté par la tornade incluant j’espère, la vieille et rétrograde curie romaine, ce groupe ultraconservateur à l’âme flétrie.

C’était quand même prévisible. Une religion – elles le sont toutes – dont la raison d’être repose sur l’existence d’un Dieu probablement créé par l’homme, ne peut aspirer à la permanence; surtout avec des énoncés fondamentaux possiblement faux, exagérés, mensongers et plantés dans les cerveaux humains à force de menace relativement au feu de l’enfer.

Les dogmes, les sacrements et les commandements ont été inventés pour forcer le peuple à servir l’Église, quand ç’aurait dû être le contraire. Les catholiques entre autres, ont évolué. Ils se sont scolarisés et ont posé les questions qui tuent. C’est alors que la religion de Jésus-Marie-Joseph a piqué du nez, à compter du milieu du siècle dernier. Et la foi en Dieu suit lentement la même pente descendante.

C’est quand même désolant pour la très grande majorité des membres du clergé, religieux et religieuses inclus, qui ont consacré courageusement et honnêtement leur vie au mieux-être de leurs semblables, et ce, à l’intérieur d’une religion qui a malgré tout fait énormément de bien et qui en fait encore.

Toutefois, son règne tire à sa fin, d’abord dans les pays développés. Puis, ce sera en Afrique et ailleurs, à mesure que les gens vont saisir la réalité.

Et au Vatican, on le sait très bien. Ici aussi d’ailleurs, chez nous en Mauricie.

Roger Matteau

Shawinigan