Le TR-IFF ne répond pas à un besoin

Je suis allé, enthousiaste, au TR-IFF (Trois-Rivières Images, fêtes et films), ce festival de cinéma qui se tenait principalement à la salle Léo-Cloutier du Séminaire Saint-Joseph.

Par exemple, j’ai bien ri au film d’ouverture, Le sens de la fête, autour, principalement, d’une brigade bigarrée chargée d’une réception de mariage; aussi, j’ai apprécié ces images d’hier tirées d’une centaine de documentaires de l’Office national du film (ONF) dans La part du diable; de même, j’ai été bien forcé de constater la détestation profonde des bouddhistes de Birmanie pour leurs concitoyens de religion musulmane dans Le vénérable W et, enfin, Tadoussac, un film québécois pauvre (budget de 250 000 $), m’a surtout rappelé, hélas, les limites de l’inventivité.

Bref, le TR-IFF m’a assez intéressé lors de la fin de semaine des 16 au 19 novembre derniers et j’y retournerai l’an prochain si l’on fait, comme on l’annonce, une deuxième édition.

Mais, entre vous et moi, ici à Trois-Rivières, le TR-IFF ne répond pas – ou peu – à un besoin. N’en déplaise aux organisateurs – que je connais et que j’aime –, c’est là le gros problème de cette manifestation: on peut d’ores et déjà chez nous se gaver passablement de cinéma avec le Tapis rouge, l’excellence du programme de Ciné-Campus et parfois les salles dites commerciales.

L’événement restera, parions-le, une sorte de fête, justement, dédiée aux happy few, comme on dit en anglais.

Non, ce que ça prend ici, c’est davantage de petits et grands spectacles de théâtre nous venant des troupes professionnelles – jeunes ou vieilles – de Montréal. 

Ou alors, il serait nécessaire de mettre sur pied divers voyages organisés à prix populaires pour aller là-bas y voir des pièces par exemple offertes au Théâtre Denise-Pelletier ou dans de nombreuses salles modestes comme l’Espace libre.

Nous sommes à proximité d’une capitale culturelle majeure et force est de constater que nous n’en bénéficions pas suffisamment collectivement.

Si le TR-IFF a été en mesure d’aller chercher des commanditaires de prestige – et qui semblent avoir les moyens – comme le Port de Trois-Rivières ou que de nouveaux conseillers municipaux songent, depuis les élections du 5 novembre dernier, à instituer des budgets participatifs avec les citoyens, c’est de ce côté-là qu’on doit mettre le cap pour, ensemble, pouvoir nous cultiver davantage et que ça soit abordable.

Réjean Martin

Trois-Rivières