Daniel McMahon

Le temps file...

L’auteur, Justin Barrette, est étudiant en Sciences comptables de l’UQTR et candidat à l’Examen final commun de l’Ordre des CPA du Québec en septembre 2018.

Monsieur McMahon,

J’aimerais vous parler avant tout à titre d’étudiant de l’UQTR, mais surtout à titre de candidat à l’Examen final commun (EFC) de l’Ordre des CPA du Québec prévu en septembre 2018. Ordre professionnel dont vous avez été président. Ordre professionnel dont vous avez reçu la plus haute distinction, soit le titre de Fellow, pour votre apport exceptionnel à l’avancement et au rayonnement de la profession de comptable professionnel agréé. Vous êtes, en quelque sorte, une sommité de la comptabilité au Québec.

Vous viser personnellement est l’objectif principal de cette lettre. Parce que je ne comprends pas comment vous pouvez avoir pris cette décision de placer les professeurs de l’UQTR en lock-out. J’aimerais ne pas être celui qui vous apprendra que votre décision met la réussite de l’EFC de plus d’une centaine d’étudiants en jeu. Vous, Daniel McMahon, Fellow CPA et ancien président de l’Ordre des CPA, avez donné votre accord à ce lock-out qui nous prive de nos professeurs qui n’ont que notre réussite en tête. Ces professeurs qui sont récompensés lorsque les étudiants de l’UQTR fracassent des records de réussite, et ce, année après année. Ces professeurs qui nous appellent par nos prénoms et qui nous guident vers la réussite de l’examen le plus important de nos vies professionnelles. Nos professeurs que vous avez placés en lock-out ont envoyé plusieurs centaines d’étudiants dans ce marathon de trois jours qu’est l’examen de l’Ordre des CPA. Leur expérience est inestimable. Ils sont un facteur clé de notre réussite.

Monsieur McMahon, je vous avais en haute estime au moment de votre nomination. Vous m’apparaissiez comme l’homme de la situation. Cette image s’est dissipée. Vous, de tous les individus sur cet appel téléphonique d’outre-mer qu’a été la réunion du CA de l’UQTR, étiez le mieux placé pour comprendre les impacts que cet ignoble lock-out aurait sur les étudiants en sciences comptables de l’UQTR. Vous auriez dû prendre le temps de vous rappeler la profession qui vous a mené où vous êtes aujourd’hui, qui vous a remis les grands honneurs pour votre contribution au rayonnement de celle-ci.

Depuis le lock-out, je me présente avec mes collègues dans des locaux sans enseignants pour poursuivre notre préparation à l’EFC. Nous nous serrons les coudes car nous savons qu’au fond, vous saurez prendre la bonne décision et que ce lock-out ne sera qu’un mauvais souvenir. Mais le temps continue de filer. Notre résilience commence à être affectée. Venez passer du temps dans l’un de ces locaux et vous comprendrez. Nous nous soutenons tant bien que mal. Il reste encore du temps. Mais l’inquiétude gagne du terrain.