Le temps d’une deuxième ronde?

OPINION / Qu’attendent-ils donc? Qu’attend le CA de Nemaska Lithium pour révéler quelle est l’offre qualifiée gagnante de l’heureux repreneur qui obtiendra les actifs de Nemaska Lithium à un prix de faillite? Peut-être craignent-ils le ressac qui découlera de la déception des employés de la Société, détenteurs, dès 2018, de 6 millions d’actions? De plus, parmi les 25 000 petits actionnaires floués qui sont, de fait, détenteurs de quelque 500 millions d’actions, combien de ces investisseurs éventuellement résidents de la Mauricie souhaiteront prendre une revanche sur ce nouveau type d’envahisseur colonial?

Qu’attendent donc les dirigeants du Regroupement des actionnaires de Nemaska (RAN) dont l’effet de leur éloquent message du 8 juillet s’estompe déjà? Croient-ils encore qu’une attitude conciliante de leur part pourrait procurer aux 25 000 actionnaires quelque obole du repreneur prédateur gagnant?

Le temps n’est-il pas venu pour une deuxième ronde? Fort de ses 2700 membres, durant cette deuxième ronde, le RAN continuerait le combat afin de savoir ce qui s’est passé au cours de la dernière année pour en arriver là.

Maintes victimes de ce stratagème, habilement mis en œuvre par le nouveau et l’ancien président du CA de Nemaska, le ministre de l’Économie et de l’Innovation et autres, seront prêtes à travailler le temps requis pour comprendre les méandres du récit de ce désastre et en démasquer les responsables. Ainsi, chercher à éliminer une telle racaille financière servirait la nation. Cette considération nous semble se situer dans la ligne du plaidoyer actuel du RAN. Quelles sont vos idées à ce sujet?

Claude Duguay

Professeur honoraire, HEC Montréal

France Giroux

Professeure retraitée de philosophie - Collège Montmorency