Le stress de la période des Fêtes

L’auteur, Frankie Bernèche, est professeur de psychologie. Il réside à Saint-Mathieu-du-Parc.

En cette période de grandes réjouissances, tous seront enfin réunis pour la période des Fêtes. Réjouissances, vraiment? Nous savons très bien qu’il n’en est pas toujours ainsi.

Pour plusieurs, la période des Fêtes est une étape joyeuse, mais pour d’autres, elle réactive des stress importants. Des vécus passés qui ont été difficiles (disputes, conflits, trahisons) et qui demeurent non résolus.

Pour ne pas déplaire à l’entourage, plusieurs adultes tentent de «passer l’éponge» sur ce passé, de peur de blesser ou de déstabiliser le noyau familial.

Ainsi, en occultant leurs ressentis profonds, ils maintiennent en eux-mêmes le conflit refoulé. Mais refouler une tension interne ne la règle pas, bien au contraire. Plus on vit dans le déni, plus le stress généré par le conflit augmente, envahi et cherche à s’exprimer (parfois bien malgré sa volonté).

En conséquence, devant toute cette tension réactivée par les traditionnelles rencontres familiales, certaines langues se délient (sous l’effet de l’alcool).

Des remarques déplacées faisant référence au passé, des propos qui «égratignent» au passage. Dans certains cas, la crise éclate au grand jour, certains quittent la fête en claquant la porte. Dans d’autres cas, on fait comme si de rien n’était, nous jouons le jeu dans le confort du déni familial.

En conclusion, lorsque vous serez réunis à cette belle et grande table des Fêtes, n’oubliez pas que pour certains, les réunions familiales ne sont pas synonymes de réjouissance mais de sentiment d’amertume, de tristesse, de peur qui prennent naissance au fond du petit enfant en soi.

La solution? Ouvrir sa pleine conscience sur ces difficultés passées et non résolues. Tenter de comprendre, demander des explications aux acteurs impliqués, parler, remettre en contexte et – parfois au bout de plusieurs années de démarche – arriver à pardonner.

Ne pas accepter mais pardonner en faisant la paix avec ce passé qui, malgré nos mécanismes de défense perpétuels (et énergivores), affecte quotidiennement nos pensées, agissements et motivations.

En fait, c’est ce que l’on doit souhaiter le plus à recevoir en cadeau pour qu’enfin, cette période des Fêtes prenne tout son sens.

Joyeuses fêtes, heureuses et paisibles.