Le saint foulard

OPINION / Nous devons tous remercier M. Gaétan Bouchard pour sa mise en garde sur les effets que risque d’avoir sur notre société le projet de loi 21 sur la laïcité si les enseignantes de religion musulmane sont tenues d’enlever leur voile dit islamique! D’un ton posé et d’un écrit plutôt clément, il lance une mise en garde, un cri d’avertissement au gouvernement élu démocratiquement : NE TOUCHEZ PAS AU FOULARD ISLAMIQUE! On voit que M. Bouchard, dans ses écrits, applique la pensée suivante, énoncée par un dénommé Talleyrand: «Tout ce qui est exagéré est insignifiant!» Merci M. Bouchard!

Le foulard, dit islamiste, n’est pas un signe religieux mais un simple signe culturel. Il en est ainsi de la burqa, du tchador, du hijab, etc. car l’islam, à l’inverse du catholicisme et autres religions, interdit les signes religieux et de ce fait ces soi-disant signes religieux sont de l’ordre d’une casquette du Canadien! Contrairement à la plupart des religions, les murs des mosquées sont libres de toute représentation de signes religieux, et, entre autres choses, il n’y a pas de hiérarchie religieuse ni de vêtements religieux!

Ce qui suit est tiré d’un texte de Mme Fatima Houda-Pepin, intitulé: «Vous avez dit signes religieux»? (Le Journal de Montréal, dimanche le 26 mai 2019): Projetant de passer une loi pour interdire les signes religieux dans les écoles publiques en France, Nicolas Sarkozy entreprit un voyage en Égypte, le 30 décembre 2003, pour chercher un appui auprès des autorités religieuses de la prestigieuse Université Al Azhar. Il espérait leur arracher une déclaration qui apaiserait les tensions au sein des musulmans de France.

Nicolas Sarkozy se fit rappeler à l’ordre sur les fausses représentations que l’on faisait de l’islam en Occident: Dr Ali Jumâa, mufti d’Égypte: «Le voile n’est en aucun cas un signe religieux». Le Dr Farid Ouassil, ancien mufti d’Égypte: «Nous ne pouvons accepter que l’on présente le voile comme un signe religieux.» Quant au Grand Mufti d’Al Azhar, interprète officiel du droit musulman, il avait répondu par l’affirmative, non pas que le voile soit un signe religieux mais que le musulman vivant en Occident doit se conformer à la loi de son pays d’adoption, incluant la laïcité. «Le musulman est tenu de se plier aux lois du territoire où il vit», lui avait-il déclaré.

Maurice Milot

Trois-Rivières