Le rôle des syndicats

Les syndicats étaient nécessaires il y a à peu près cinquante ans. À l’époque, les décisions des compagnies ne tenaient pas compte du bien-être des employés. Aujourd’hui, les syndicats sont devenus hyperpuissants, riches et investissent des millions (FTQ, par exemple) dans des compagnies. La FTQ, elle-même,est devenue une compagnie.

Maintenant que la main-d’œuvre des pays dits «en voie de développement» est devenue disponible et peut accomplir les mêmes taches que les pays développés, la donne à changé. Ainsi, Détroit n’est plus ce qu’elle était: les salaires des États du sud des États-Unis où les manufacturiers ont transféré leurs opérations, si ce n’est en Chine, sont plus faibles. Alstom, pour le REM, fait fabriquer ses trains en Inde. La Pocatière n’avait aucune chance: l’offre de Bombardier était supérieure. Les travailleurs d’Aleris, à la suite de la grève à l’usine de Cap-de-la-Madeleine, se sont retrouvés du jour au lendemain sans emploi. La compagnie avait décrété un lock-out funeste.

Les syndicats devraient réaliser que la grève n’est plus un moyen de négociation. C’est plutôt une revendication. Pour l’actuelle grève à l’Aluminerie de Bécancour, il est indispensable que les syndicats mettent de l’eau dans leur vin: mettre fin à la grève et négocier avec l’employeur. Négocier! Il est plus facile de parler que de revendiquer.

Grève et lock-out ne régleront pas le problème. Le risque demeure que ces emplois en jeu soient définitivement perdus. Une fois de plus.

Henry Noël

Shawinigan