Le rôle crucial des institutions financières en temps de crise et leur devoir auprès des entrepreneurs

OPINIONS / Les auteurs, Charles Milliard et Michel Leblanc, sont respectivement président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Même si elle sévissait ailleurs sur la planète depuis un certain temps, la crise de la COVID-19 a véritablement fait son arrivée dans notre quotidien il y a maintenant plus d’un mois. Depuis, les habitudes de tout un chacun ont été bouleversées et les impacts négatifs continueront malheureusement de se faire sentir encore longtemps, notamment chez les entreprises.

Plusieurs d’entre elles ont réussi, tant bien que mal, à adapter leurs pratiques et à poursuivre leurs activités, entre autres grâce au télétravail et au commerce électronique. D’autres entreprises ont été contraintes, faute de liquidités, de suspendre leurs opérations temporairement, voire de mettre la clé dans la porte.

Les gouvernements ont quant à eux annoncé des mesures d’aide nécessaires, et ce, dans des délais serrés pour une machine costaude, qui doit elle aussi adapter leurs pratiques à ce contexte particulier.

C’est d’ailleurs pourquoi des ministres économiques ont relevé le rôle de premier plan que jouent les services bancaires pour accompagner les particuliers et les entreprises qui font face à un grave défi de liquidités. Rapidement, plusieurs de ces institutions ont répondu à l’appel. Elles ont dû s’adapter aux exigences et aux conséquences de la crise, et ont proposé des mesures d’allégement dans un contexte qui comporte des risques plus élevés à assumer pour elles également.

Baisse des taux d’intérêt sur les cartes de crédit, moratoire sur les remboursements de capitaux sur les emprunts pour plusieurs mois, service accru de soutien auprès des consommateurs et des entreprises, augmentation des marges de crédit pour le fonds de roulement à court terme, plusieurs gestes concrets ont été posés par les institutions financières dans les dernières semaines. Il faut dire que les récentes baisses du taux directeur de la Banque du Canada ont également contribué à diminuer l’intérêt sur des emprunts contractés.

En incluant à cet écosystème Investissement Québec, la Banque de développement du Canada, Exportations et Développement Canada et la Caisse de dépôt et placement du Québec, plusieurs options s’offrent actuellement pour traverser cette crise.

Bien que de nouvelles mesures devront probablement s’ajouter pour répondre aux besoins de certaines clientèles spécifiques, en fonction de l’évolution de la situation des entreprises et des PME, notamment les startups et les secteurs en précommercialisation, leurs gestes ont tout de même le mérite d’être soulignés et connus.

Faire preuve de flexibilité dans les ententes

En revanche, les institutions financières ont un autre rôle important à jouer dans cette crise. Elles doivent porter une attention particulière au surendettement, faire preuve de souplesse et alléger les modalités des entrepreneurs en cette période de grande incertitude. Ce sera l’une des conditions pour favoriser une véritable relance de l’économie et permettre aux entreprises de reprendre le rythme de leurs investissements dès que possible.

Les entreprises qui se trouvent contraintes à réfléchir à leur futur ont le devoir de se questionner. Les institutions financières quant à elles doivent demeurer à l’écoute des besoins qui leurs seront exprimés, notamment par la clientèle d’affaires, en jouant le rôle de pivot pour les entrepreneurs qu’elles conseillent. Ainsi, elles contribueront à les aider à se propulser au moment de l’éventuelle relance.

La contribution du secteur des services financiers à l’économie est indéniable. Bien des entreprises ont pu poursuivre leurs opérations grâce à bon nombre de leurs actions, et ce, malgré l’absence de revenus et la forte baisse de liquidités pour soutenir entre autres, leurs fonds de roulement.

Les divers gestes posés par les institutions financières, bien que souvent passés sous silence, sont déterminants, autant pour les entrepreneurs que les particuliers. Il faut saluer ces établissements pour le rôle essentiel qu’elles jouent dans le contexte actuel. C’est pourquoi nous avons confiance qu’elles sauront à l’instar des gouvernements, continuer d’adapter leur offre selon l’évolution de la situation pour leur clientèle, tout en ne mettant pas en péril leurs propres opérations.