Selon l’auteur de cette lettre, les activités parascolaires, comme Secondaire en spectacle, sont très importantes pour garder de nombreux jeunes à l’école secondaire.
Selon l’auteur de cette lettre, les activités parascolaires, comme Secondaire en spectacle, sont très importantes pour garder de nombreux jeunes à l’école secondaire.

Le rôle-clé du parascolaire

OPINIONS / Heureux dénouement duquel il faut tirer une leçon. Les appels lancés puis entendus pour une alternative aux bals des finissants ne sont que la pointe de l’iceberg: le besoin des adolescents quant à une vie scolaire soutenue et motivante. 

«Le parascolaire, ce n’est pas la réponse unique à tout, mais c’est ce qui garde souvent un jeune à l’école», affirmait sans détour le ministre Roberge en entrevue. Et ce parascolaire, il se réalise grâce à des personnes qui se donnent corps et âme à la vie de leur école, avec la collaboration des enseignants, du personnel administratif et de la direction. Ce sont les intervenants socioculturels en milieu scolaire.

La corporation Secondaire en spectacle vient de réaliser des tables rondes virtuelles auxquelles 300 intervenants et acteurs du loisir scolaire se sont joints, offrant un éclairage sans pareil sur l’humeur des «écoles virtuelles» du Québec. Saluons d’abord les initiatives qui furent aussi nombreuses que créatives: alternatives au bal, parties d’improvisation via Zoom, relais des numéros de Secondaire en spectacle non présentés en salle, galas du mérite, etc. Depuis trois mois, les intervenants socioculturels réinventent leur travail pour garder les élèves intéressés et attachés à leur école. Ces tables rondes ont été l’occasion unique de partager les bons coups.

Des signaux d’alarme inquiétants émergent toutefois et devront être considérés sérieusement pour la prochaine rentrée.

Les intervenants se sont tournés vers les médias sociaux autant qu’ils le pouvaient. Le web est un précieux allié, mais au terme de trois mois de virtuel, les élèves sont aussi tannés que nous tous des écrans. La transposition des activités en ligne ne pourra certainement pas être, à terme, la seule avenue pour repenser l’école et le parascolaire.

Bien des jeunes affirment être démotivés devant l’absence de leurs activités régulières, de contacts sociaux et l’incertitude quant à la forme que prendra la rentrée.

Pour les intervenants socioculturels, plusieurs élèves «semblent déjà avoir décroché».

La réponse à ces enjeux repose en partie sur les «anges gardiens» de la motivation scolaire. Ils changent des vies en faisant éclore des passions qui deviendront carrières ou en donnant souvent la bonne tape dans le dos, au bon moment. En 2020, il faut reconnaître le rôle central que les intervenants socioculturels occupent dans le parcours des élèves, d’autant plus après des mois loin des classes.

En plus des tristes et immédiates conséquences de la COVID-19 sur les plans humain et économique, les impacts seront d’autant plus pernicieux pour le Québec si la motivation scolaire reste en confinement. C’est pour cela que la rentrée parascolaire doit être préparée, appuyée et plus solide que jamais. Le parascolaire doit avoir sa place dans les plans de déconfinement, dans les activités autorisées et essentielles.

Il faut également préserver une certaine variété dans l’offre parascolaire, autant culturelle que sportive, pour rejoindre un éventail de jeunes de tous les horizons et de tous les milieux. Certaines activités s’adapteront mieux que d’autres à la réalité d’un monde en pandémie, mais il est important d’offrir le maximum de raisons de se lever pour aller à l’école le matin. La corporation Secondaire en spectacle y travaille déjà et est prête à collaborer à toutes les initiatives en ce sens.

Quand vous verrez passer prochainement des jeunes en robe de bal ou en tuxedos le temps d’une prise de photos ou d’une signature sur une fresque arc-en-ciel, on vous invite non seulement à saluer la persévérance des finissants, mais à offrir «vos remerciements du jour» à l’intervenant socioculturel qui est derrière un peu tout ça. Et à penser au défi qui l’attend en septembre.

Pierre Vigeant, président

Corporation Secondaire en spectacle