Sondos Lamrhari

Le rêve d’une policière... en devenir

La question du port des signes religieux dans la fonction publique n’a jamais été réglée au Québec. Enfin, sur ce terrain de la laïcité, on tourne en rond depuis 2007. Cette fois-ci, la question prend la forme pratiquement d’un référendum initié par notre premier ministre, Phillipe Couillard, qui, pourtant, en temps normal déteste le mot «référendum».

Venons-en à cette jeune musulmane voilée, Sondos Lamrhari, âgée de 17 ans, qui étudie en techniques policières en vue d’intégrer la police de Montréal.

L’interrogation à savoir si elle peut, oui ou non, porter un hidjab et exercer le métier de policière qu’elle convoite depuis son jeune âge vient de se transformer en un show de chantage affectif au plus haut sommet de l’État avec comme préoccupation centrale: «Êtes-vous pour ou contre le "rêve" de cette jeune musulmane?»

Évidemment, si vous répondez non. Vous êtes un raciste. Un insensible. Un méchant.

Pour notre premier ministre, les questions de sécurité au Québec se résument à la réalisation du «rêve» d’une étudiante voilée souhaitant devenir policière. Rarement a-t-on vu un chef d’État traiter de ces sujets-là avec autant de désinvolture et de manipulation.

Dans la foulée, j’espère qu’il consultera aussi les 8 millions de Québécois pour connaitre leurs rêves. Car moi aussi, j’ai un rêve. Faire du Québec un État laïque et ce, en tout respect des croyants et des non-croyants que la laïcité traite sur un même pied d’égalité avec la même bienveillance.

Djemila Benhabib, écrivaine

Trois-Rivières