L'église St-Jean-de-Brébeuf

Le respect de la communauté n’est pas le propre de notre Sainte Mère l’Église

OPINIONS / Ça y est, c’est fait. Ce que plusieurs redoutaient depuis une quinzaine de jours s’est réalisé. L’Assemblée de fabrique de la paroisse du Bon-Pasteur est parvenue à une entente avec le Centre culturel islamique de la Mauricie pour la vente de l’église Saint-Jean-de-Brébeuf pour le prix ridiculement bas de 500 000 $, soit à peine le coût de construction dans les années 1950, lequel immeuble – bâtiments et terrains – est évalué par la Ville à près de 2 millions $. Et toute cette opération a été réalisée sans la moindre consultation des paroissiens, si ce n’est un petit entrefilet dans le Semainier paroissial du 8 septembre dernier.

Pourtant notre diocèse alors dirigé par monseigneur Martin Veillette avait produit un document, il y a de cela plus de 20 ans, où il est prévu que l’Assemblée de fabrique doit consulter, et non pas seulement informer, la communauté paroissiale avant de disposer d’un bien telle une église. Dans le cas présent, on nous annonce une simple rencontre d’information qui se tiendra le 8 octobre prochain, en soirée, à l’église Saint-Jean-de-Brébeuf. On serait donc justifié de se demander si l’autorité diocésaine actuelle est toujours en accord avec ce document.

Notre bonne Assemblée de fabrique appuie sa décision sur un déficit légèrement supérieur à 3600 $ en 2018 par rapport à l’exercice 2017. Si toutes les entreprises qui connaissent un aussi ridicule déficit une année donnée fermaient boutique, nous n’aurions plus beaucoup d’organisations avec qui faire affaire.

Ce manque à gagner est totalement explicable. L’église Saint-Jean-de-Brébeuf, à l’exemple des églises Sainte-Marguerite, Très Saint-Sacrement et Saint-Pie-X, n’accueille des fidèles que six mois par année pour les célébrations eucharistiques de fin de semaine. Il n’est alors pas surprenant que les quêtes hebdomadaires aient diminué.

Dans ce dossier, on en vient à la conclusion que l’équité et le respect ne sont pas des caractéristiques de l’Église trifluvienne. L’équité exigerait que certaines communautés mieux nanties en services pastoraux partagent avec celles qui sont négligées. Le respect demande qu’on prenne le temps de jeter un second regard sur une situation pour prendre le temps de trouver des solutions neuves.

Donc gens de Saint-Jean-de-Brébeuf, pratiquants ou non, si l’avenir de cette église vous préoccupe soyez présent à la rencontre dite d’information le 8 octobre prochain, en soirée, en l’église même.

Pierre Auger

Trois-Rivières