Le ras-le-bol des électeurs

En réaction à la lettre de M. Guy Godin intitulée «Les politiciens, des cyniques qui se moquent de nous», publiée dans notre édition du 17 septembre dernier.

M. Guy Godin trouve que les politiciens sont des cyniques qui se moquent de nous. Comme dit l’adage: «de deux maux, il faut choisir le moindre». Dans le cas qui nous préoccupe, l’adage s’avère être «de quatre maux, il faut choisir le moindre».

Je bouillonne de rage en constatant que des milliards de dollars, notre argent, sont soudainement distribués à gauche et à droite avec une aisance désarmante. Je suis saturée des spectacles des pères Noël qui nous prennent pour des imbéciles. Voter n’est plus un geste démocratique, c’est devenu une corvée déplaisante à l’excès. La distribution des cadeaux en campagne préélectorale ne fait qu’activer ma hargne envers tous les partis.

J’ai l’impression de me retrouver dans un champ de bataille où tout a été mis en destruction et on me dit que, sérieusement, tout va bien se passer cette fois-ci. Le ras-le-bol des contribuables est atteint et mon point d’écœurement est au maximum.

Des députés qui ignorent nos cris du cœur, préférant s’occuper des gros dossiers des grosses compagnies, nous donnent l’impression qu’ils ont à cœur nos demandes alors qu’au fond, il est évident qu’ils n’en ont rien à cirer. Ils préfèrent travailler sur des dossiers qui vont mousser leur popularité.

J’en ai assez de ces banquiers assoiffés de mon argent qui nous manipulent et nous demandent de leur faire confiance. Ils se disent tous préoccupés par nos revendications alors qu’ils n’ont aucune idée de notre réalité. C’est bien beau rêver de grands projets mais tout le monde sait que nous avançons un pas à la fois et il faut s’entendre pour aller dans la même direction. Faire l’autruche et se sortir la tête du sable quelques jours avant l’élection pour se pavaner ne fait qu’accentuer la froideur des électeurs.

Plus ça change, plus c’est pareil. Voter le 1er octobre sera comme une corvée obligatoire qui me lève le cœur car je me questionne à savoir si les bottines vont suivre les babines.

Anne-Sylvie Duquette

Saint-Boniface