Nous sommes tous de la même «race», la race humaine, affirme ce professeur dans cette lettre.
Nous sommes tous de la même «race», la race humaine, affirme ce professeur dans cette lettre.

Le racisme, «c’est la peur de l’autre, la peur de soi»

OPINIONS / Les événements récents nous rappellent que le rapport avec l’autre est fragile et exige qu’on lui porte une attention particulière. Pour accueillir l’autre dans sa différence, il faut une identité forte, une fierté, des assises culturelles bien ancrées. Comme le disait l’essayiste Amin Maalouf, «pour accueillir l’autre, il faut avoir la tête haute et les bras ouverts». Sinon, cela devient un geste de soumission et personne n’aime être soumis à l’autre. Sans une identité forte, l’autre devient une menace et génère la peur. Mais pour relever les défis de demain, il faut dépasser ses peurs, s’ouvrir à l’autre.

Accueillir la différence demande à chacun d’entre nous des efforts quotidiens. La différence peut être perçue comme une menace ou une opportunité. Nos expériences, notre histoire et les assises de notre identité déterminent la posture dans laquelle nous pouvons accueillir l’autre. Bien qu’il soit important de construire l’avenir en nous rappelant notre histoire, il ne faut pas qu’elle soit une reproduction de celle-ci. Le monde évolue rapidement, les défis de demain ne seront pas nécessairement ceux du passé. La mondialisation nous amène à construire ce futur avec des gens de partout sur la planète. Les défis sont mondiaux et les luttes aux changements climatiques et au virus de la COVID-19 nous le rappellent.

Nous sommes tous de la même «race», la race humaine. Les humains doivent partager entre eux leurs richesses, échanger et comprendre leurs différences pour faire face aux défis de demain. La haine, la violence sont des constructions sociales. Nelson Mandela disait: «Personne ne naît en haïssant une autre personne par la couleur de sa peau, ou son origine, ou sa religion. Les gens apprennent à haïr. Et si on peut apprendre à haïr, on peut aussi apprendre à aimer».

En ces moments particuliers, réfléchissons sur notre façon d’accueillir l’autre. Apprécions et célébrons cette différence et cette richesse. Nous constaterons rapidement qu’il y a aussi beaucoup de similarités entre nous et que le «vivre ensemble» est davantage qu’un concept abstrait.

Stéphane Roy, professeur de sociologie au collégial

Trois-Rivières