Le «pot» il nous le faut… Et nous l’aurons!

Depuis trop longtemps, le pot risquait de diviser parents et enfants, vieux et jeunes. Bientôt il deviendra légal. Il ne sera plus considéré comme une «mauvaise chose». Il cessera de dresser un mur entre ceux qui fumaient et ceux qui ne fumaient pas.

Au contraire, il établira un pont entre les générations. Une atmosphère veloutée rapprochera les uns et les autres, dans une ambiance bienheureuse où, comme disait un poète: «Tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté». Enfin, une parenthèse de bonheur!

Mais où savourer ce bonheur? Où partager son joint? Au parc Champlain, entre l’hôtel de ville, sous le regard du maire, et l’évêché, sous le regard de l’évêque?

À l’entrée de l’hôpital? Dans une cour d’école? Dans un corridor de résidence? À l’ombre de l’Amphithéâtre? Au parc portuaire où la lourde fumée couvrirait le parfum des plates-bandes fleuries? Sur une terrasse interdite à la pauvre cigarette?

Sans aucun doute, si le cannabis, criminalisé par les autorités compétentes, n’en a pas moins trouvé ses fumoirs, le cannabis, une fois promu par ces mêmes autorités, saura bien nous enfumer au grand jour, en plein air.

Mais où est la logique? Le lundi 23 juillet, Le Nouvelliste nous annonçait que le gouvernement fédéral ajoutait de nouvelles mises en garde contre la cigarette.

Dans la loi actuelle, il y a déjà 16 mises en garde afin de nous protéger du tabagisme. On parle des victimes de la fumée nocive de la cigarette.

Et, au même moment, ce même gouvernement favorise l’ouverture de nombreux points de vente du cannabis dont la fumée, selon des biologistes, est autant sinon plus nocive pour la santé, que celle de la cigarette.

Pourquoi Santé Canada permet-il la promotion de la fumée du cannabis tandis que ce sage organisme fédéral fait tout pour dissiper la fumée du bon vieux tabac?

Manque de jugement? Certainement manque de logique et de gros bon sens.

Jean Panneton, prêtre

Trois-Rivières