Les auteurs de cette lettre invitent la population à manifester leur attachement au boisé de la rivière Millette, lors de la prochaine réunion du conseil, le 17 mars, à 19 h.

Le point sur le boisé de la rivière Millette

OPINIONS / De l’eau a coulé sous les ponts depuis la publication de notre lettre d’inquiétude, le 10 février dernier, concernant la vente d’un boisé situé sur le bassin versant de la rivière Millette. Nos démarches ont mené à l’étude du dossier par le conseil de ville et le Comité d’aménagement du territoire de la Ville de Trois-Rivières. Trois conseillers et conseillères municipaux siégeant sur ce comité ont par la suite pris le temps de nous rencontrer pour faire un bilan de la situation. Principal constat: les possibilités de sauvegarde intégrale du boisé sont minces. Le processus de zonage résidentiel est apparemment trop avancé pour pouvoir le changer sans lourdes conséquences financières et juridiques pour la Ville.

Les membres du conseil semblent par ailleurs avoir des visions différentes sur la valeur du boisé. Si certaines et certains voient bien l’intérêt de conserver un milieu naturel urbain, d’autres voient plutôt l’opportunité sociale de désenclaver le secteur HLM Adélard-Dugré en construisant des logements résidentiels privés à côté pour favoriser la mixité sociale. Par ailleurs, d’un point de vue environnemental, la conservation du boisé entre en «compétition» avec l’argument de favoriser la densification urbaine pour limiter l’étalement urbain.

Néanmoins, en cas de développement résidentiel, le promoteur devra respecter une bande riveraine de 15 mètres de part et d’autre du cours d’eau traversant le boisé. Il devra également réaliser une nouvelle caractérisation du terrain et protéger les éventuels milieux humides présents.

De plus, il pourrait devoir céder 10 % de la superficie constructible à la Ville. Cela devrait laisser somme toute une faible superficie à développer.

De notre côté, on peut faire valoir le fait que, dans le contexte où la ville investit de l’argent pour lutter contre les îlots de chaleur en plantant des arbres, il semble plutôt incongru de laisser partir un îlot de fraîcheur naturel. Concernant l’argument de mixité sociale, on peut également y opposer le fait que ces espaces naturels sont utilisés par les citoyens et citoyennes de partout en ville, contribuant ainsi déjà à cette mixité.

Et ce, d’autant plus depuis la construction récente du nouveau parc inclusif au milieu du secteur. C’était d’ailleurs un des objectifs visés par les organismes tels que les Piliers Verts et la Maison Coup de pouce que de briser l’isolement du secteur en attirant la population avoisinante dans les sentiers aménagés. La conseillère Mariannick Mercure elle-même suggérait la réalisation d’une voie piétonne et cycliste, en lieu et place de la rue projetée au travers du boisé à vendre, pour désenclaver le secteur. Une belle idée rassembleuse de notre point de vue.

Alors quoi faire? Nous pouvons sensibiliser les élus à l’approche par bassin versant qui considère l’impact de tous les usages et aménagements sur la superficie drainée par un cours d’eau et ses affluents, et non pas seulement sur le cours d’eau lui-même et ses quelques mètres de bande riveraine. Nous pouvons revendiquer auprès du conseil municipal la valeur sociale de milieux naturels urbains et non juste la valeur écologique absolue, qui dépend de la présence d’espèces vivantes remarquables ou de milieux humides. Travaillons ensemble, citoyens et élus, à identifier et conserver ces milieux naturels urbains à valeur environnementale et sociale.

Dans un premier temps, pour témoigner de l’intérêt de la population pour une telle démarche, nous vous invitons à manifester votre attachement au boisé en grand nombre au prochain conseil de ville, le 17 mars à 19 heures.

Valérie Delage, Javier Escamilla, Natalia Conde, Jakeline Marin, Richard Grenier, Julie Fradette, Maude-Amie Tremblay, Nancy Baril, Florie Grenier, Michelle Duarte, Myriam Blais, Juliana Escamilla, Fabio Ruiz, Lyne Bernatchez, Sofia Marin, Camilo Escamilla, Lyda Escamilla, Jean-François Dragon, Solange Deraîche, Monique Fontaine, Jacques Rousseau, Denis Hébert, Jean-François Dragon, Thomas Bergeron, Philippe Duhamel, Isabella Lebeau Osorno, Rubiela Osorno, Solange Hoyos, Marie-Ève Leduc, Christiane Blais, Maria José Ruiz et René Lord

Trois-Rivières