C’est en 2008 que Jean Charest, alors premier ministre du Québec, annonçait la réfection de la centrale Gentilly-2.

Le plus coûteux scandale des quinze ans de règne libéral

Si l’honorable juge France Charbonneau avait su ce qui s’était passé le 19 août 2008, elle aurait sûrement posé une question à un milliard de dollars au président de la FTQ qui témoignait devant elle.

En effet, au moment précis où Alexandre Despatie terminait deuxième au tremplin de trois mètres pour gagner une belle médaille olympique, tout le gratin libéral avec Jean Charest en tête annonçait la décision de procéder à la réfection de la centrale Gentilly-2. Un projet annoncé faussement au prix de 1,9 milliard de dollars et de 7,2 cents le kilowattheure.

Le jour et l’heure de la conférence de presse ne furent annoncés que lorsque l’heure de la finale de plongeon fut confirmée.

L’exploit du jeune plongeur québécois servirait à diminuer l’ampleur dans les médias des réactions négatives que susciterait cette annonce d’un projet si controversé dans l’ensemble de la population et son impact électoral à quelques semaines du déclenchement des élections.

Qu’est-ce qui motivait ce gouvernement minoritaire à annoncer ce projet si contesté, contre l’avis du BAPE, alors que tous les experts prédisaient le fiasco financier qui en a résulté?

Mme Charbonneau aurait appris la réponse à cette question, si elle avait demandé «pourquoi» au président de la FTQ qui venait d’affirmer, comme preuve qu’il n’y avait pas de «deal» avec le PQ, qu’en 2008, c’était la seule élection où sa centrale n’avait pas appuyé le PQ.

Elle aurait découvert que c’est en échange de cette promesse faite aux libéraux de ne pas appuyer le PQ à l’élection qui venait, que la FTQ représentant le puissant syndicat des ingénieurs d’Hydro-Québec a obtenu du gouvernement de Jean Charest qu’il procède à cette réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2.

Cette promesse a fait perdre plus d’un milliard de dollars à Hydro-Québec qui a dû abandonner ce projet en 2012 et les prévisions que les coûts seraient le double de ce qui était annoncé, se sont avérées exactes.

J’avais affirmé en 2005 devant une commission parlementaire, en réponse à une question de Mme Dionne-Marsolais, que le coût final serait d’au moins 12 cents le kWh. C’est exactement ce coût qu’Hydro-Québec a confirmé pour justifier la fermeture définitive de la centrale en décembre 2012.

C’est donc plus que tous les autres scandales réunis des libéraux des quinze dernières années, que cette seule supercherie électorale a coûté aux Québécois.

Je suis convaincu qu’Alexandre Despatie a toujours ignoré que l’on se soit servi de son exploit pour minimiser les effets électoraux négatifs de l’annonce de la réfection de Gentilly-2.

Et pour ajouter au caractère scandaleux de cette opération, lors de l’élection de 2012, les libéraux ont encore remis ça en promettant d’aller de l’avant avec la réfection, alors que tous les voyants étaient au rouge. On apprendra près d’un an plus tard qu’en fait Hydro-Québec avait dès mai 2012, avant l’élection, signifié l’arrêt du projet à EACL et encaissé le cautionnement d’exécution.

C’est dans le rapport trimestriel d’EACL et dans sa poursuite contre Hydro-Québec que cette information est apparue alors que les libéraux pourfendaient le PQ pour avoir annoncé la fermeture de la centrale.

Le sous–ministre de l’Énergie siégeant au conseil d’Hydro-Québec, les libéraux savaient que le projet était terminé.

Les attaques des libéraux contre le PQ ne cesseront abruptement que des mois plus tard, lorsque Le Devoir dénoncera à la une cette deuxième arnaque.

Malgré cela, à l’élection de 2014 la ministre Thériault vociférait «c’est quoi le deal avec le PQ», alors que c’est eux qui avait fait ce pacte atomique avec la FTQ.

J’espère que cette fois–ci les électeurs se souviendront que ce Parti libéral est prêt à tout pour garder le pouvoir au profit de leurs amis et ne croiront rien de ce qu’il promettra ou affirmera durant la campagne qui s’amorcera prochainement.

Jacques Dagenais, B.Sc.Com

Intervenant privé à Gentilly-2 depuis 1999