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Le Plan pour une économie verte: nécessaire

OPINION / Les auteurs, Marc Bureau et Martin Vaillancourt, sont respectivement président et directeur général du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec.

Le Plan pour une économie verte (PEV) ainsi que le Plan de mise en œuvre (PMO) 2021-2026 présentés lundi par le gouvernement du Québec, bien qu’imparfaits, sont nécessaires pour orienter les actions gouvernementales en matière d’actions climatiques. Voici les éléments qui méritent d’être soulignés.

Synergie ministérielle 

L’urgence climatique et la stagnation des émissions de GES imposent au Québec un plan qui mobilise l’ensemble de la société. À cet effet, nous nous réjouissons de l’arrimage de ce plan avec les différents ministères.

Le premier ministre du Québec, François Legault, et le ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette

Résilience des collectivités 

La majorité du financement du PEV est destiné aux mesures d’électrification des transports puisque, au Québec, un moyen efficace d’améliorer notre performance et d’obtenir une réduction significative des GES. Heureusement, une part est aussi réservée à l’adaptation aux impacts des changements climatiques. Des mesures telles que la création de zones tampons, la gestion des eaux de pluie et la création d’îlots de fraîcheur permettent de prévenir et de réduire les risques, donc de renforcer la résilience des communautés.

Aménagement et mobilité 

La confirmation de l’élaboration d’une vision globale nationale en matière d’aménagement et d’urbanisme pour contribuer aux objectifs de réduction des émissions de GES constitue une bonne nouvelle. L’aménagement du territoire est une composante fondamentale pour parvenir à diminuer la pression de l’étalement urbain sur les écosystèmes. L’étalement urbain et l’offre insuffisante en transport actif et collectif ont des impacts néfastes. Il est essentiel d’investir dans des infrastructures plus sobres en carbone. L’appui à six projets structurants de transport collectif électrique et l’augmentation de l’offre de services de transport permettront d’améliorer la mobilité et contribueront significativement à la réduction des émissions.

Mesures peu dissuasives

L’interdiction des voitures à essence à partir de 2035 est assurément un pas dans la bonne direction. Cependant, sans mesures dissuasives pour l’achat de véhicules polluants d’ici là et en l’absence de mesures fortes pour réduire le nombre de véhicules sur les routes, nous craignons que les mesures incitatives ne suffisent pas. Pour faire face à l’urgence climatique, il faut plus que des mesures incitatives pour parvenir à changer les mentalités et les comportements. L’absence de contraintes fragilise notre capacité à respecter les recommandations du GIEC et les engagements que le Québec a pris. L’écofiscalité pourrait s’avérer un levier important et pertinent dans la transition pour induire les changements de comportements attendus.

Suivi des cibles et objectifs 

La reddition de comptes du PEV sur une base annuelle et l’accès aux données constituent un signal positif. Nous tenons à souligner que la gouvernance intégrée, ainsi que la cohérence et la coordination des mesures gouvernementales concernant la lutte contre les changements climatiques, figurait parmi les recommandations soumises dans notre mémoire sur le projet de loi n° 44. Pour être en mesure de suivre les retombées et les progrès liés à la mise en œuvre, il est important que le gouvernement se dote d’indicateurs de suivi précis et qu’il trouve les moyens de pallier au fait que le bilan des émissions GES ne soit connu que deux ans après la réalisation des activités.

Finalement, nous croyons que le PEV, en dépit de certaines lacunes, est un levier qui permettra d’avancer dans la bonne direction et qui devra être bonifié avec le temps. Les conseils régionaux de l’environnement sont d’ailleurs prêts à explorer les stratégies et actions à mettre en œuvre, de même qu’à mobiliser, soutenir et accompagner les collectivités en ce sens. Ils proposent déjà des pistes et des solutions concrètes pour rendre les municipalités plus résilientes face aux effets des changements climatiques et pour que toutes les régions fassent leur part dans la réduction des GES.