Une photo de Gilles Boulet orne maintenant un des murs du grand hall du Musée québécois de culture populaire.

Le Musée québécois de culture populaire se rappelle de Gilles Boulet

La photo commémorative de Gilles Boulet est maintenant visible sur le mur qui donne au fond du hall d’entrée du Musée, tout près d’une salle, à gauche, qui porte d’ailleurs son nom.

Des circonstances m’empêchèrent de me joindre à l’hommage qui a été rendu le 12 avril dernier à celui qui fut le fondateur et premier directeur de notre Musée québécois de culture populaire. Qu’on me permette ici un témoignage public.

C’est surtout au début des années 60 au moment de la fondation du journal historique Le Boréal Express qu’avec Gilles Boulet, Denis Vaugeois, Jacques Lacoursière, Pierre Gravel et Mgr Albert Tessier s’étaient créés des liens d’amitié, mais déjà le brillant Gilles Boulet se faisait remarquer comme étudiant pensionnaire un peu plus âgé que moi au Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières.

Après des études supérieures en philosophie et en lettres, on le retrouve comme professeur au nouveau collège classique du Séminaire Sainte-Marie de Shawinigan. Et c’est à la station CKTM-TV 13, où il animait Phare sur le monde, qu’il créa en 1959 l’émission Le Noël du Pauvre dont on répétera le 59e succès cette année.

Faut croire que Phare sur le monde était devenu le slogan de Gilles Boulet. Depuis, c’est de décennie en décennie qu’on a vu se jalonner chez lui les années charnières:

- créateur du Centre des études universitaires de Trois-Rivières, 1960-1969;

- recteur de l’UQTR, 1968-1978;

- président du Réseau des Universités du Québec, 1978-1988;

- directeur du Musée des arts et traditions populaires du Québec à Trois-Rivières, 1989-1997... Points de suspension pour l’inaccompli, l’inachevé, pour une décennie brusquement, brutalement interrompue…

Pour la victime – et pour bien d’autres – ce fut un choc que cette fin de carrière provoquée en mars 1997 par la procédure que fut celle du conseil d’administration d’alors… et, en octobre, du décès soudain de Gilles Boulet.

Entre-temps cependant à Québec, le 18 juin 1997, l’Ordre national du Québec, la plus haute distinction décernée annuellement par le gouvernement, a fait connaître de nouveaux membres. Gilles Boulet s’est vu remettre à titre d’Officier une médaille voulant souligner de façon significative son apport à l’évolution du Québec et à son rayonnement. Le public aura donc plus heureusement gardé de Gilles Boulet le souvenir d’un être auquel la Mauricie et le Québec doivent beaucoup.

Le 12 avril dernier, un hommage spécial a été organisé par le Musée québécois de culture populaire en collaboration avec des membres de la grande famille Boulet à la suite d’invitations faites à un cocktail dînatoire qui a réuni plus de 80 convives. Ce fut l’occasion d’assister au dévoilement d’une photo commémorative en hommage à Gilles Boulet, fondateur et premier directeur du Musée. C’est le président actuel du conseil d’administration, Jean Asselin, qui demanda à Florence Lemire-Boulet de dévoiler le portrait encadré de celui qui fut son mari. Le cadre, destiné à être exposé en permanence sur un mur du grand hall, se présentait pour le moment sur un chevalet. Étaient aussi présents Marie-Claude et Laurent Boulet, les deux enfants de Florence et Gilles.

La cérémonie prenait donc une valeur de reconnaissance hautement symbolique tout en gardant une dimension de retrouvailles au caractère plus intime. Un événement qui s’imposait – trop discret pour certains – mais pour lequel, adjoints au cordial et dynamique sourire de la directrice du musée, Valérie Therrien, tous les responsables méritent les éloges qui ont suivi.

Lévis Martin

Trois-Rivières