Le mot de Cambronne

Merde! Mot des gens de théâtre avant d’entrer en scène. Pour ne pas prononcer le «bonne chance» qui porte malheur.

Présentement, le théâtre porte les couleurs partisanes de la pièce en un acte: «Les élections». Une seule représentation: le 1er octobre.

M’apparaît qu’un vieux réflexe de fond s’invite encore dans le jeu électoral. Faudrait «gagner ses élections». Dans son comté, au gouvernement ou dans l’opposition officielle.

Problème: les votants ne «gagnent» rien. Si c’était le cas, on ne serait pas si mal pris. L’interrogation centrale cependant: «De quoi peut-on encore me dépouiller? Et qui peut me plumer le moins possible?»

Là-dessus, le regard force à constater:

• Côté programme, QS l’emporte haut la main;

• Côté brouillon, la CAQ gagne le «all in»;

• Côté «plus ça change, plus c’est pareil», difficile de faire mieux que le PLQ;

• Côté «renaître de ses cendres», le PQ semble bien en selle.

Clairement, y a rien à espérer du PLQ et de la CAQ. Même si le projet des Maisons des Aînés en est un galvanisant.

Les milliards sont sortis de nos poches. On nous a saccagés d’au minimum 12,9 milliards $ pour ne pas nous rendre les services publics auxquels on avait droit. Pour lesquels on paie depuis une éternité. Ils n’ont pas été foutus d’élaborer du bien, du bon et de l’aisance.

Sont peut-être au courant que le gouvernement dispose de seulement 25-35 % de tout l’argent qui circule au Québec. Et, ça donne zéro projet:

• qui redonne l’éducation aux mains des personnes qui la font. Rien à propos des cégeps et des universités. Valablement rien sur la formation et les qualifications des carrières en enseignement. Rien sur la taille des écoles et des classes; rien sur les salaires et le passage de 15 à 10 ans pour atteindre le maximum salarial;

• pour redonner aux personnels des unités de soins toute la latitude pour organiser les horaires et bannir les heures supplémentaires sauf si consentement libre. Rien sur leurs salaires;

• pour stopper toutes les formes de PANGEA au Québec. Ça achète des centaines d’hectares de terres agricoles, fait grimper les prix et empêche la relève de succéder à leurs parents et parenté. Ça détruit des manières de vivre propres au Québec;

• de Fonds dédiés spécifiquement à l’éducation, la santé, les sciences et les technologies, la coopération sociale. Fonds dans lesquels tout investissement garantit un retour à 100 % sur l’impôt. Une réactualisation des anciens REA;

• de développement de la géothermie jumelé à la production sous serres en terres arables exposées trop longtemps aux gels et caprices météos;

• de création et d’expansion de Centres d’innovation-recherche-idéation-développement dans nos universités. Avec retours financiers sur les brevets en découlant. Investir d’abord, rentabiliser ensuite, commercialiser enfin. Puis encaisser;

• pour rétablir une dose de confiance envers ceux nés de 1998 à 2018. Sacrifiés aux sorciers de la pédagogie. Se retrouvent avec moins d’instruction et de formation que leurs parents à leur âge dans le cadre scolaire présent.

Le Québec n’est pas comparable à qui, ni à quoi que ce soit dans le monde. Tout ce qui nous identifie est unique et singulier. Nos comparatifs acceptables sont aussi nordiques et peu populeux que nous. Ce ne peut pas être les États-Unis, la France, l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie, le Canada et cie. On ne peut pas se baser sur des organismes comme l’OMC, la Banque Mondiale, l’OCDE et autres qui opèrent pour des grands pays férocement libéraux économiquement.

À se fier sur des transfuges du monde des affaires et même de la Caisse de dépôt, on continue de croire que ceux qui connaissent les affaires connaissent les nôtres. Et ce n’est pas vrai. Vous avez peut-être la conviction contraire mais ce n’est pas la vérité. Nos parents y ont cru et voyez où cela nous a menés depuis 35 ans. On veut du changement, semble-t-il. En politique, le changement c’est un changement de cap porteur d’idées neuves et d’améliorations. Un changement qui donne du rendement sur notre argent. Pas seulement un changement de face aux idées pires que celles qui dominent depuis 2002.

Faut arriver à jouer dans le système. Deux partis sont équipés pour le faire: Québec solidaire et le Parti québécois. Parce que… faut se brancher. Alors? Le mot de Cambronne!

Jean-Claude Soulard

Trois-Rivières