Selon l’auteur, il existe peu d’endroits qui permettent de connaître l’histoire de la sidérurgie au Canada.
Selon l’auteur, il existe peu d’endroits qui permettent de connaître l’histoire de la sidérurgie au Canada.

Le morceau manquant pour le tourisme à Trois-Rivières?

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
OPINIONS / L’éditorial de Martin Francoeur, dans Le Nouvelliste du 31 juillet dernier, pose bien la question de l’avenir du parc fédéral des Forges-du-Saint-Maurice. Mais il est possible également de regarder l’avenir de ce site enchanteur sous l’angle du développement touristique à Trois-Rivières. À la fin des années 90, à toutes les fois qu’une réflexion s’amorçait sur le tourisme à Trois-Rivières, on en venait à soulever l’absence d’une infrastructure touristique annuelle qui saurait captiver les visiteurs suffisamment longtemps pour, en complément avec d’autres sites, suggérer des séjours de plus d’une journée chez nous.

Shawinigan a la Cité de l’énergie et Drummondville a le Village québécois d’antan. Trois-Rivières a connu un formidable développement touristique autour de l’événementiel (Festival Danse Encore, FestiVoix, Cirque du Soleil, Grand Prix, Festival de l’Assomption, etc.) et peu à peu, nous avons laissé de côté cette idée d’infrastructure touristique à caractère permanent.

Malgré le bon travail réalisé par les organisations de type «événement», il est peut-être temps de reprendre cette réflexion sur notre offre touristique, ne serait-ce que parce que nos hivers sont bien tranquilles touristiquement parlant. La crise actuelle de la COVID-19 fait remonter à la surface ce besoin, d’un lieu qui viendrait, en complément avec tout ce qui se fait, susciter un intérêt à passer plus de temps dans notre belle ville.

Puisque tout projet part d’un rêve, rêvons un peu.

Imaginons que grâce à un investissement majeur du gouvernement du Canada, on développe le site du parc des Forges-du-Saint-Maurice et on réalise une reconstitution de plus grande ampleur que ce que nous avons actuellement. Il s’agissait tout de même d’un centre sidérurgique important au Canada à cette époque. Nous avons peu d’endroits qui permettent de connaître l’histoire de la sidérurgie au Canada. Peu à peu, le parc devient un lieu incontournable, tel que peut l’être par exemple la Forteresse de Louisbourg en Nouvelle-Écosse ou le Fort de Chambly au Québec. Rêvons également que les espaces extérieurs étant mieux aménagés, ce site devient, toutes proportions gardées, les plaines d’Abraham des Trifluviens et Trifluviennes. Les gens y vont pique-niquer, marcher, assister à un spectacle en plein air programmé par le Festivoix.

Mais comment passer du rêve à la réalité? Pour que le gouvernement fédéral décide d’y investir, il va falloir que la communauté locale se mobilise. Tourisme Trois-Rivières pourrait, par exemple, exercer un rôle de «meneur», convaincre différents partenaires, la Ville, les organismes sociaux et la Chambre de commerce notamment, de frapper ensemble à la porte du gouvernement fédéral. Il faut également que les citoyens et citoyennes que nous sommes, disions haut et fort que nous tenons à ce site. J’ai abordé la question touristique et le rôle que pourrait jouer le parc des Forges-du-Saint-Maurice mais c’est également toute l’importance de ne pas négliger notre histoire qui est en jeu.

La ville a eu longtemps la devise, «Trois-Rivières, ville d’histoire et de culture», il est peut-être temps de dépoussiérer cette devise. À court terme, retournons visiter ce site et faisons-le connaître à tous et toutes. Ce qui est certain, c’est que sans mobilisation du milieu, rien de significatif ne va changer.

Jean-François Aubin

Trois-Rivières