Pour la Corporation de développement communautaire de Trois-Rivières et sa directrice générale, Amélie Dubuc, le dernier budget provincial ne répond pas adéquatement aux attentes du milieu communautaire.

Le milieu communautaire trifluvien, nous devons le reconnaître

L’auteure, Amélie Dubuc, est directrice générale de la Corporation de développement communautaire de Trois-Rivières (CDC-TR), qui regroupe plus de 80 organismes communautaires et entreprises d’économie sociale.

Depuis des années, les organismes communautaires de tous les secteurs demandent une augmentation de leur financement de base à la mission, et ce plus particulièrement au cours des deux dernières années dans le cadre de la campagne unitaire «Engagez-vous pour le communautaire». À quelques reprises, certains organismes ont reçu de petites augmentations, mais celles-ci n’étaient jamais assez suffisantes pour faire une réelle différence.

Les organismes communautaires interviennent auprès des citoyennes et citoyens de tous âges, autant les bébés que les aînés en passant par les adolescents et les adultes. Ils sont le filet social de notre société et s’assurent d’offrir une réponse adaptée aux besoins réels de la population. Ils sont démocratiques et libres de réaliser leurs actions en fonction des besoins et des demandes des gens. Ils s’adaptent et s’organisent tout en prenant le temps de considérer la personne dans son ensemble afin de travailler avec elle pour combler tous ses besoins humains.

Cependant, les personnes qui y travaillent sont pour la plupart essoufflées. Elles font avec cœur tout ce qu’elles peuvent pour aider, accompagner et soutenir les personnes qu’elles rencontrent, mais trop souvent dans des conditions de travail difficiles. Les gestionnaires des organismes communautaires font des pieds et des mains pour trouver du financement qui leur permettra d’offrir des activités et des services mieux adaptés aux besoins des gens qu’ils regroupent. Toutefois, le manque au niveau du financement récurrent ne leur permet pas de bonifier les conditions de travail de leurs employés afin que celles-ci soient équitables, compétitives et stimulantes.

Le 27 mars, le gouvernement provincial a déposé son budget annuel. De petites augmentations soutenant différents organismes communautaires ont été annoncées, mais malheureusement c’est insuffisant. Rappelons que certains organismes n’ont pas eu d’augmentation de leur financement depuis dix ans.

Il m’arrive d’entendre des personnes dire qu’elles ne connaissent pas les organismes communautaires de leur territoire. Souvent en effet, on les découvre parce que nous en avons besoin. Il est dommage que ce ne soit pas un réflexe de s’interroger sur le milieu communautaire trifluvien, car celui-ci regorge de ressources où l’on peut aller chercher de l’aide, s’impliquer, se réaliser et briser notre isolement. Par exemple, chaque année, les organismes qui ont leur siège social à Trois-Rivières rejoignent plus de 130 000 personnes et regroupent plus de 8000 bénévoles.

Le mouvement communautaire a été créé par les gens et pour les gens, il est important et urgent de le soutenir adéquatement et de le reconnaître à sa juste valeur. Il faut donc absolument que nos décideurs révisent leurs positions au cours des prochains mois et qu’ils soutiennent plus adéquatement nos ressources communautaires, afin d’assurer leur pérennité et garantir le maintien de leurs activités et services aux citoyennes et citoyens.