Le lock-out étonnant de l’ABI

Les 1030 travailleurs de l’Aluminerie de Bécancour sont en lock-out depuis le 11 janvier. Leur convention collective était échue depuis le 27 novembre 2017, soit depuis seulement un peu plus d’un mois.

Notre analyse sociologique formulée dans une opinion antérieure a provoqué un certain nombre d’argumentaires opposés. Cela est tout à fait correct dans un échange sur un sujet tendu. Nous indiquions que sur certains enjeux, les jeunes (40 ans et moins) se mobilisent moins aisément que les âgés (50 ans et plus). C’est le cas notamment des enjeux liés aux régimes de retraite et à l’ancienneté. Cela ne signifie toutefois pas que les salariés d’ABI qui font partie du groupe des 40 ans et moins sont peu mobilisables. Car les facteurs de mobilisation sont multiples. En outre, sur les questions de l’ancienneté et de la retraite, les jeunes lockoutés d’ABI ne répondent pas nécessairement aux données obtenues dans d’autres études sur le «clash» générationnel potentiel entre les travailleurs.

Nous avons déjà mentionné à plusieurs reprises que le lock-out à l’ABI apparaît, de prime abord, inopportun car la convention collective venait d’une part de prendre fin et que d’autre part, le syndicat se déclarait disposé à poursuivre les négociations. Nous réitérons qu’il serait dans l’ordre des choses que l’employeur réponde aux convocations du conciliateur, que les négociations reprennent et que les deux parties négocient de bonne foi.

Un lock-out qui expulse autant de travailleurs entraîne une souffrance ouvrière élevée. En outre, il n’est pas sans conséquence pour l’entreprise. Direction et salariés sont conviés à une expérience commune. Toute rupture de ce lien même temporaire est néfaste. D’où la nécessité de remettre le dialogue social à l’ordre du jour.

Jean-Claude Bernatchez

Professeur titulaire en relations de travail Université du Québec à Trois-Rivières

Petite précision

En réaction à la lettre de M. Gilles Joncas intitulée «Un tour de passe-passe...», publiée dans notre édition du 31 janvier.

Il y a une petite erreur dans le texte de M. Joncas.

Oui le taux de crédit a passé de 20 % à 16 %, mais ce monsieur a omis de dire que le montant du crédit a été augmenté, ce qui fait une économie nette de 55 $ dans les poches des contribuables!

Il faudrait valider les données avant de critiquer.

Claude Caron

Trois-Rivières