Le lock-out et le milieu de la santé: inquiétudes et désarroi

Cher recteur,

Nous sommes des professeures dans le domaine de la santé mises en lock-out la semaine dernière par la direction de l’UQTR. Nous formons chaque année avec une équipe de chargé.e.s de cours et de superviseur.e.s 40 étudiants en orthophonie et 130 étudiants en ergothérapie.

En décrétant ce lock-out, la direction de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) nous oblige à cesser d’assumer cette responsabilité. Elle la rend même illégale ! Nous sommes ainsi légalement tenu.e.s de cesser la supervision de nos étudiant.e.s. Nous sommes forcé.e.s de ne pas remettre les notes finales de la session d’hiver. La direction nous empêche également d’enseigner les cours obligatoires de la session d’été. Cela nous brise le cœur !

Voici quelques impacts de ce lock-out :

Des impacts qui se feront sentir à la levée du lock-out
Les étudiant.e.s qui devaient travailler comme assistant.e.s de recherche auprès des professeurs se retrouvent actuellement sans emploi et n’ont donc pas de revenu. Cela signifie que plusieurs poursuivront leurs études dans la précarité financière, avec le stress et les risques d’abandon que cela comporte.

Des cours intensifs se donnent pendant l’été : en augmenter encore l’intensité rendra la charge de travail excessivement lourde, pour les étudiant.e.s. De plus, la plupart des étudiant.e.s ne pourront (probablement) pas travailler à l’extérieur de l’université avec cette charge d’étude condensée. Les étudiant.e.s ayant des enfants à charge se verront imposer un rythme de travail qui affectera toute la famille. Nous espérons une levée du lock-out rapide, pour restreindre ces conséquences négatives.

Des impacts à prévoir si la session est annulée
Les programmes ont une grille de cheminement et les cours se donnent dans une séquence bien précise. Certains cours ne se donnent que l’été et sont un prérequis pour les cours à l’automne. Si la session est annulée cet été, le cheminement des étudiant.e.s devra être prolongé d’une session, voire d’un an, augmentant énormément leurs frais et dépenses liées à leurs études. En effet, les horaires déjà très chargés des programmes rendent impossible l’ajout de cours pour « rattraper » la session perdue...

De plus, l’arrivée de toute une cohorte de jeunes professionnel.le.s dans le réseau de la santé sera donc retardée. Si le lock-out devait continuer jusqu’au moment où l’annulation de la session d’été est inévitable, des impacts négatifs sont donc à envisager dans le réseau de la santé. Ces effets négatifs risquent de se faire particulièrement sentir dans les régions, notamment en Mauricie, où les besoins sont criants, où un grand nombre de nos finissant.e.s y sont régulièrement accueilli.e.s. Nous espérons une levée du lock-out rapide, pour éviter ces conséquences négatives.

Nous savons que nos étudiant.e.s sont sur le qui-vive, frustré.e.s et très inquiet.ète.s des conséquences de cet arrêt forcé de leur formation. Ils.elles attendent impatiemment le dénouement de cette situation pénible. Nous avons très hâte de retrouver nos étudiant.e.s futur.e.s professionnel.le.s de la santé et de leur transmettre nos connaissances et notre passion afin qu’ils.elles puissent à leur tour œuvrer dans le système de la santé avec cœur. Nous vous invitons donc, cher Recteur, à ajouter dans la colonne des coûts du lock-out, chacun de ces petits et grands drames individuels que vivent les étudiants de notre université, laquelle revendique si fièrement sa dimension humaine. Nous sommes confiants que vous saurez mettre les étudiants au centre de vos préoccupations en levant le lock-out à l’UQTR dont le slogan est rappelons-le : Savoir, Surprendre !

Ginette Aubin, Lyne Desrosiers, Noémie Cantin, Nancy Baril, Martine Brousseau, Valérie Poulin, Pierre-Yves Therriault, Catherine Briand, Anick Sauvageau, Marie-Josée Drolet (professeures lockouté.e.s au département d’ergothérapie),

Marianne Paul, Sophie Chesneau, Bernard Michallet, Marie-Ève Caty (professeures lockouté.e.s au département d’orthophonie)