Le lent et inquiétant déclin du français au Québec

Ce qui arrive présentement à notre langue est désolant et pénible à voir. Nous savons déjà «que la posture catastrophique, voire de la démission du fait français se porte bien au Québec. Trop bien même», nous dit Antoine Robitaille. Chaque jour, nous sommes à même de le constater.

La semaine dernière, on ouvre une succursale de Adidas à Montréal, ville dont l’âme est «supposément française». Le gérant du magasin, un dénommé Alexandre De Roches (nom on ne peut plus français) débute sa présentation ainsi, avant de passer à la langue «sérieuse» des affaires: «Je vais dire un mot en français pour accommoder la Ville de Montréal et les médias francophones.» Une maladresse diront certains, mais non c’est «un geste de mépris», écrit Mathieu Bock-Côté. Et je lui donne raison.

Le premier ministre Couillard s’est contenté de dire «C’est regrettable et j’espère que ça ne se reproduira plus.» Et il semblait sérieux! Difficile à croire quand la vérificatrice générale affirme que la francisation au Québec est une catastrophe. Sur les 50 000 immigrants que nous avons accueillis et que ne parlent pas notre langue, seulement 30 % suivent les cours offerts par l’État. Elle ajoute qu’aucun suivi n’est fait et que les fonctionnaires sont désintéressés. Pas moins de 31 % des candidats quittent avant la fin du cours et 9 % seulement sont aptes à atteindre le niveau de français oral nécessaire pour décrocher un emploi ou s’inscrire à des études. Au français écrit c’est 3,7 %.

Mais pourquoi s’en formaliser quand nous savons que Montréal est, dans les faits, tout au plus bilingue et c’est là que les immigrants sont en majorité. En effet, 51 % des gens sont anglophones ou allophones contre 49 % de francophones.

Pourrait-on assister à un changement souhaitable à la politique d’intégration, avec une nouvelle mairesse qui n’a pas l’identité libérale, sachant que 67 % des plaintes à l’Office de la langue française viennent de la métropole qui ne respecte aucunement la loi 101? Nous verrons bien. 

Ça ne regarde pas très bien pour nous quand, pour satisfaire les anglophones, le gouvernement crée un nouveau ministère responsable des relations avec la communauté anglophone, avec Kathleen Weil à sa tête, dont le but est de récupérer les jeunes (sa clientèle) qui, paraît-il n’a pas de sentiment d’appartenance au Québec. On veut, dit-on, contrer leur exode et pour ce faire, on créera un secrétariat de 1,2 million $ sans compter les sommes qui seront englouties par la suite dans une tournée de propagande panprovinciale. Est-ce possible dans cette province qui se dit inclusive? Pourquoi ces anglophones ou devrais-je dire anglo-saxons, la minorité la plus chouchoutée de la planète, tous pays confondus, refuse-t-elle depuis des générations de s’intégrer à notre communauté et de partager nos valeurs? Pensez-y! 

Il y a 375 ans que Montréal existe et cette minorité continue toujours de s’opposer à nous et de combattre notre culture. Elle a tout simplement opté pour la facilité en adoptant la culture américaine, tellement supérieure aux autres. Mais il faudrait se réveiller. 

Je sais qu’il est très mal vu de le dire mais, l’Église catholique a beaucoup fait pour l’avancement du français et en assurer la pérennité, mais elle ne peut malheureusement plus faire grand-chose. Mais nous lui devons d’être encore là quoi que titubants car nos élites des dernière générations semblent avoir abdiqués, la mondialisation leur servant d’excuse. Allons! Ne baissons pas les bras aussi facilement et réveillons-nous! Oui, nous devons enseigner le français aux immigrants mais avec des balises solides et un suivi adéquat. Mais commençons d’abord par avoir à coeur que cette langue, la plus riche qui soit, soit d’abord bien enseignée à la génération actuelle et aussi bien parlée. 

Il y a trente ans, René Lévesque, qui incarnait l’espoir d’un peuple, nous quittait. Par deux fois nous avons refusé de nous affranchir pour devenir une nation, mais il doit quand même nous rester un minimum de fierté pour au moins continuer de lutter pour préserver notre lange et notre culture. Affirmons-nous pour démontrer que nous ne sommes pas des Canadiens de seconde classe. Nous ne sommes pas une tribu et nous ne devons pas nous sentir étranger, chez nous, où la langue officielle est encore et pour toujours je l’espère, le français.

J’espère aussi, que selon un terme employé par Denise Bombardier, ne pas passer dans la catégorie des «pauvres vieux, avec leurs radotages»...

Gaston Bouffard

Shawinigan