Le grand spectacle 2020 à Trois-Rivières

OPINIONS / Voici quelques commentaires en rapport avec l’article de Richard Martineau traitant du spectacle de la Saint-Jean 2020 [https://www.journaldemontreal.com/2020/06/25/comme-le-temps-passe]

«Années 70: la Saint-Jean est une fête politique!», mentionnait récemment le chroniqueur Richard Martineau dans le Journal de Montréal, alors qu’il traitait du spectacle de la Saint-Jean.

Ben justement! Ce sont les séparatistes qui se sont approprié la fête, faisant de la fête des Québécois une fête antifédéraliste.

Ils ont associé le drapeau «fleurdelisé» à leur cause de la séparation du Canada, faisant fi des 65 % de citoyens qui n’y croyaient pas. Cependant, le parti a très bien réussi à convaincre ses militants d’organiser des fêtes de quartiers pour réunir les «vrais Québécois de souche» et de rêver à un Québec séparé; bien sûr, le drapeau servait le point de mire. Pendant ce temps, l’autre 65 % qui ne partageait pas ce rêve, dont les anglophones, n’avait aucune envie de participer à cette fête séparatiste.

«2020: surtout, pas de politique, ça divise!»

Faisant allusion au spectacle en provenance de l’amphithéâtre de Trois-Rivières, Richard Martineau constate que c’était apolitique. C’est bien certain que la politique, ça divise. La fête s’est voulue la fête du peuple, une fête qui rassemble, une fête inclusive; pas un rassemblement de séparatistes, car auparavant, c’était le PQ qui organisait les fêtes; ils avaient le loisir de fêter à leur guise, en utilisant les fonds publics.

Cette année, les responsables de la fête ont voulu souligner l’apport de nos artistes, anciens, décédés ainsi que ceux de la relève. J’ai noté une bonne représentation des artistes de nos minorités visibles qui sont habituellement exclus des spectacles télévisés; j’en ai vu plusieurs que je n’avais jamais vus et d’autres que l’on voit très rarement. Oui, j’ai vu un spectacle d’une qualité exceptionnelle, chansons populaires, musique de nos grands compositeurs, avec la participation de trois orchestres symphoniques: en bref, il y en avait pour tous les goûts.

Le titre de l’émission était: «Le grand spectacle de la Fête nationale.»

Je crois que c’est une bonne chose que les organisateurs aient «oublié le drapeau» dans leur spectacle de la Fête nationale. On pourra enfin repartir du bon pied et intégrer de nouveau le drapeau fleurdelisé dans toutes nos fêtes de quartier en soulignant l’appartenance et la participation de tous les groupes, même les minoritaires, fiers d’être québécois, surtout s’ils ne sont pas séparatistes.

Ça ne doit surtout pas être une fête politique où chacun tente d’en tirer un avantage personnel.

La fête redeviendra «la fête des Québécois» et non pas «la fête du Québec», ni «la fête des séparatistes».

Pour qu’il devienne la fierté d’une population, un drapeau doit respecter les valeurs de base de tous ses citoyens. Dès qu’il devient un instrument politique, il perd automatiquement sa signification.

Le meilleur exemple c’est le drapeau américain que l’on voit flotter partout même aux endroits les plus inattendus: en forme de Speedos sur les plages, sur les chars d’assaut en Irak, au Vietnam et à tous les endroits où ils peuvent vendre des armes. Ce drapeau n’est pas «une fierté nationale, c’est une marque de commerce» au même titre que l’enseigne de McDonald’s présente en Chine et en Russie.

Oui, nous avons une sérieuse remise en question à faire de toutes nos valeurs. Il y a tellement de facteurs qui ont changé dans les dernières décennies: la pratique religieuse, l’éducation, la natalité, le respect des autres, le respect de l’autorité, le respect des lois, pour n’en citer que quelques-uns.

Gaétan Yelle

Trois-Rivières