Le grand feu

OPINION / À tous les choristes de toutes les chorales et aux artistes vivant chacun à leur façon de pénibles situations causées par cette période de confinement.

Nous travaillions un projet de concert depuis de longs mois. Puis, un beau jour de printemps, un feu s’est déclaré.

Il a emporté notre oeuvre morceau par morceau; il en a allumé un brasier en commençant par nos soirées de pratiques et le bonheur de chanter, nos «placotes» à l’entrée, à la pause, à la sortie.

Ça commençait à flamber pour de bon mais c’était insuffisant. On a eu beau résister il était plus fort que nous, plus fort que tout.

Il en a remis avec, la semaine avant le concert et sa fébrilité excitante, notre concert de mai, la joie de rencontrer notre public, le couronnement de nos efforts, semaine après semaine, mois après mois.

Finalement, toujours inassouvi, il ose toucher notre prestation au parc des Chenaux, celle au quai de Sainte-Angèle, notre C.A., notre fête... Et quelle fête!

Le voilà enfin qu’il menace notre automne, quand il aura tout brûlé que tout sera consumé, que se sera tu le crépitement du feu.

De grâce! N’abandonnons pas sous cet amas de cendres une braise ardente, silencieuse, immobile, veille, vivante encore, plus tenace que le feu vif. Il ne suffira que d’un souffle pour réveiller son ardeur.

Il y a des feux qui ne meurent pas. Le temps viendra à son heure. Nous répondrons présents et nous lèverons nos verres et encore et encore, ensemble, nous chanterons.

Bon été!

Camille Nourry

Membre de la chorale Les Semeurs de Joie

Grand-Saint-Esprit