Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

Le gouvernement et l’argent

OPINIONS / En réaction à la lettre de Jean-Noël Béliveau intitulée «L’utopie de Samson», publiée le 22 mai dernier.

Dans une brève lettre parue dans l’édition du vendredi 22 mai du Nouvelliste, Jean-Noël Béliveau rappelle le temps de Camil Samson du Crédit social qui proposait aux contribuables de résoudre nos problèmes en imprimant de l’argent. Monsieur Béliveau constate que c’est ce que fait le gouvernement Trudeau et il n’a pas tort.

Dans une récente infolettre de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques, Philippe Langlois explique que l’État canadien a recours à une politique relativement nouvelle chez nous qui voit la Banque du Canada créer de l’argent pour ensuite l’utiliser pour acheter des obligations du Canada, une simple opération comptable entre les différentes composantes du grand ensemble des finances publiques qui se nomme l’allègement quantitatif. Vous allez dire que le déficit augmente dans le budget du gouvernement, mais c’est une dette qu’il se doit à lui-même et qu’il peut toujours créer plus d’argent pour rembourser ses emprunts qu’il se doit à lui-même.

On apprend dans cet article que l’allègement quantitatif est une pratique relativement récente, mais pas inédite; que le Japon, par exemple, effectue ce genre d’opérations financières depuis 2001 et que les États-Unis y ont eu recours massivement à partir de la récession de 2008. «Il n’y a pas si longtemps, l’idée de créer autant d’argent à partir du vide pour l’injecter massivement dans l’économie, résume monsieur Langlois, aurait soulevé un tollé chez la majorité des économistes. Il y a bien sûr quelque chose de troublant lorsqu’on pense à cette création ‘‘facile’’ et ‘‘gratuite’’ d’argent qui est distribué à coups de centaines, voire de milliers et de milliards de dollars. […] si un pays, seul, se lançait dans l’allègement quantitatif, il pourrait voir la valeur de sa monnaie baisser par rapport aux devises étrangères, mais présentement, ce n’est pas le cas: presque tous les pays développés du monde [la] pratiquent d’une façon ou d’une autre, donc c’est là un danger peu probable».

Un autre atout de cette opération en ce moment est que ces milliards sont prêtés au gouvernement au taux de 0,25 %.

Réjean Martin, Trois-Rivières