Le futur nous appartient, avec ou sans Dieu

OPINIONS / En réaction à la lettre de Mme Hélène Arseneault intitulée «Existe-t-il quelqu’un... quelque chose?», publiée dans notre édition du 18 décembre dernier.

Le texte en question m’a fait un peu sursauter. La Trifluvienne trace un portrait très négatif de la société actuelle. Elle dénonce une lourdeur de vivre qui toucherait tous les domaines autour de nous. En extrait de son texte: «Un mal, de génération en génération. Nous aurions délaissé la religion et Dieu parce qu’ils ne s’assimilent plus à ce que nous sommes devenus.»

Vrai que la pratique religieuse a pris le bord à partir du milieu du siècle dernier, et ce, pas seulement au Québec. Je reconnais néanmoins que les religions chrétiennes et autres sectes axées sur la spiritualité ont fait énormément de bien au fil des siècles et encore aujourd’hui, l’ensemble de l’œuvre demeure valable. Toutefois, leur ingérence exagérée dans nos vies a fini par nous désintéresser, voire nous rebeller.

Progressivement, nous avons compris majoritairement que dans l’ensemble de l’histoire sainte, il s’agissait bel et bien d’une pure fabrication à partir de nombreuses faussetés, ridicules pour plusieurs. En exemple, l’opération du Saint-Esprit, les Rois mages guidés par l’étoile, l’eau changée en vin aux noces de Cana, Marie qui est montée au ciel avec son corps, le feu de l’enfer, le sacrement du pardon, le chapelet et autres. Ce n’est pas parce que ces balivernes ne sont plus présentes dans nos cerveaux que nous sommes malheureux pour autant.

Madame Arseneault voudrait-elle ressusciter Adam et Ève ainsi que l’arche de Noé? Elle semble conclure aussi que la baisse progressive de la foi en Dieu est à la source de problèmes multiples. Il faudra bien qu’elle s’y habitue, considérant la diminution du nombre de croyants ainsi que la hausse de l’agnostisme et de l’athéisme dans le monde.

N’en déplaise à certains adeptes de l’Être suprême, – Christ, Allah, Bouddha, Yahvé, le Dieu hindou, etc. – notre société peut survivre, positivement même, sans ces dieux, fort possiblement créés par l’homme.

Roger Matteau

Shawinigan