Le fantôme de l’ABI

En Mauricie, nous n’aimons pas les bons salaires. La Reynolds a fermé. Norsk Hydro a fermé. La centrale nucléaire de Gentilly-2 a fermé pour des motifs politiques et environnementaux. Et vous ne me ferez pas croire qu’au siège social d’Alcoa, à Pittsburgh, il n’a pas été question de fermeture pour l’ABI de Bécancour...

Toutes ces usines payaient de bons salaires et si, par malheur, l’ABI fermait, les travailleurs auront de la difficulté à trouver des emplois dont le taux horaire sera supérieur à 20 $ ou 25 $. Et s’ils perdent leur job, ce n’est pas Clément Masse ni le syndicat qui va leur en trouver.

Il me semble que la question du régime de retraite pourrait se régler relativement facilement. Quant à l’ancienneté, il est urgent de revoir cette formule car elle n’a aucun sens. C’est une vache sacrée ridicule et désuète.

L’ancienneté consiste essentiellement à obliger l’employeur à donner une promotion à un parfait incompétent à la limite et au Syndicat à défendre le même incompétent dans le cadre d’un grief. Sans soumettre la question à l’arbitraire de l’employeur, ce dernier ne pourrait-il pas bénéficier d’un ou deux droits de veto? Il existe peut-être d’autres formules mais il s’agit de faire l’effort d’y penser.

Comme tout le monde, je souhaite que les travailleurs de l’ABI retrouvent leur emploi. S’ils le perdent, je répète que ce n’est pas Clément Masse ni le syndicat qui leur en trouveront un autre aussi bien payé.

Serge Gagnon

Louiseville