Le doublement de la 55: une illusion de sécurité

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
OPINIONS / Si le gouvernement de François Legault donne son aval au doublement de la route 55, il fera là une démonstration éloquente de son incompétence de gestionnaire en choisissant à un problème de sécurité la solution la plus dispendieuse, la plus écologiquement désastreuse et la plus inadaptée à une nécessaire décroissance. Il y a des priorités sociales et économiques ailleurs.

À la suite d’un accident mortel, les crieurs de la nouvelle régionale s’empressent de réclamer une date au gouvernement pour le commencement des travaux; c’est là une indigne complaisance du quatrième pouvoir qui manque à son devoir d’une analyse sérieuse sur une situation qui le demande de façon impérative.

Le doublement de ce tronçon n’est pas la bonne solution.

Y a-t-il au Québec beaucoup de routes avec des intersections où la limite de vitesse maximale indique 100 km/h? Un pur non-sens. Au Centre-du-Québec on y découvre la fausse autoroute 30 et la fausse autoroute 55, lesquelles permettent cette limite de vitesse de 100 km/h, et que plusieurs usagers dépassent sans aucun souci policier.

Qui a dit un jour que la vitesse tue? Aller croire qu’il y aura moins d’accidents mortels par le doublement de cette route 55/155 c’est ignorer cette logique et cette réalité de la vitesse excessive. Partout dans le monde les vraies autoroutes tuent sans bon sens et elles n’ont pas toutes nos hivers qui les endommagent et les rendent dangereuses.

Avant de détruire davantage un environnement agricole où on ne dénombre pratiquement jamais de bouchons de circulation, ne faudrait-il pas penser à des solutions plus logiques? La première, évidemment, la réduction de la vitesse de 100 à 90 km/h. La seconde, une réduction additionnelle sérieuse là où le danger croît: les intersections à la route 55. Et là où un sérieux besoin le demande, installer des feux de circulation adéquats comme on vient de le faire sur la 30.

Depuis toutes ces années où le besoin est criant, depuis la pétition de M. Rémi Provencher, comment expliquer politiquement et logiquement parlant, qu’aucun début de solutions n’ait été aperçu par les usagers de cette route 55? Et on continue de parler de cette route comme d’une autoroute.

Les morts sur les routes du Québec sont pratiquement toujours le résultat d’une vitesse excessive, d’imprudences et d’impatiences au volant. Il faut modérer nos transports et ça éliminera bien des malheurs, bien des cônes orange, tout en assurant cette fluidité de circulation routière tant recherchée. Rappelons-nous cette réduction de vitesse de 100 km/h à 80 km/h sur cette «autoroute» du pont Laviolette!

M. Legault, s’il vous plaît, faites bien travailler vos ingénieurs routiers avant de jeter à la poubelle des terres agricoles fertiles avec nos deniers publics.

«Les routes nous parlent; écoutons-les», m’avait dit un jour un camionneur expérimenté; encore faut-il que nos gouvernements responsables sachent les faire parler et faire respecter leurs paroles bienveillantes.

François Champoux
Trois-Rivières