Josée Bélanger

Le débat était-il clos ou non?

OPINIONS / En réaction à l’éditorial de Martin Francoeur intitulé «Le débat n’était pas clos», publié dans notre édition du 28 février 2020.

Il est important de bien mettre en contexte mon propos. Voici la fin du texte de M. Francoeur:

« […] Josée Bélanger, pour sa part, avait affirmé qu’elle était pro-choix, tout en mentionnant que la position de son parti était claire: le débat n’allait pas être rouvert sous un gouvernement conservateur.

Mais dans une opposition conservatrice, cet engagement ne tient pas. Et tout le monde avait bien raison de s’inquiéter, finalement.»

Après une telle conclusion, comme candidate, je ne peux m’en sortir: soit j’ai été naïve, soit j’ai menti. Puis-je simplement m’expliquer?

Après une réflexion de plusieurs mois, une lecture attentive du programme et différentes rencontres, j’ai décidé de me présenter comme candidate au Parti conservateur du Canada. Il a toujours été clair pour moi que le parti (chef et caucus) ne rouvrirait pas le débat sur l’avortement. Plusieurs années de gouvernement conservateur sous M. Stephen Harper nous en font la preuve. Aussi, il a toujours été clair pour moi qu’il y a une façon de faire à la Chambre des communes: les 338 députés, donc tant ceux au pouvoir que ceux de l’opposition, peuvent présenter un projet de loi privé. Suivant un ordre par tirage au sort, individuellement, un député a le privilège de présenter un projet de loi qui n’implique que lui, et non le parti (cautionné ou non par celui-ci). Donc, jamais je n’y ai vu une incohérence; le parti est une chose, le privilège d’un député en est une autre.

La liberté de conscience, ou ce que certains pourraient appeler le «vivre et laisser vivre», est une valeur importante du Parti conservateur du Canada. Une qualité qui incarne une ouverture d’esprit. Le diktat des perceptions fait en sorte que ce mérite se retourne parfois contre lui. Accepter la diversité sans perdre de vue les avancées sociales héritées des batailles de nos prédécesseurs, et avancer tout en respectant les convictions de chacun, demandent un équilibre ambitieux et périlleux médiatiquement. Je salue le PCC de tenir à cette liberté de pensée individuelle, tout en maintenant un programme qui ne recule pas sur ces enjeux sociaux.

Comme enseignante en philosophie, je peux passer quelques heures à décortiquer différents sujets épineux, tant sur la forme que sur le contenu. Ces discussions ne devraient pas nous déstabiliser, elles sont au contraire saines. Comme candidate méconnue, mes secondes médiatiques étaient comptées, difficile alors de nuancer.

Josée Bélanger

Candidate du Parti conservateur du Canada aux élections fédérales de 2019 dans Berthier-Maskinongé