Le confinement et notre âge biologique: un incontournable

OPINIONS / Depuis près de six semaines, nous vivons un confinement éprouvant ou, pour certains d’entre nous, bienfaisant. Je peux, en toute candeur, vous affirmer que je fais partie de cette catégorie.

Pierre Curzi et Marie Tifo, dans une récente entrevue à l’émission Bonsoir, bonsoir sur la chaîne Radio-Canada, mentionnaient que depuis le confinement, ils réalisaient qu’ils étaient vieux! Et je me suis mis en mode d’introspection quant à la signification du vieillissement.

Or, loin d’être insultée, rétrogradée, déprimée ou choquée, j’ai réalisé l’immense bonheur d’être encore aussi allumée (comme le dirait une de mes nièces), autant sur le marché du travail que dans le réseau si merveilleux sociétal auquel ma tête et mon corps participent avec tant d’ardeur, de bonheur, d’engagement et de défis inspirants.

Un jour, un cardiologue m’avait mentionné au regard de l’état de santé de ma mère que son cœur était usé. Ce terme assez évocateur voulait me faire comprendre que malgré ce corps enveloppé de beauté, il y avait un intérieur biologique inéluctable de la normalité du vieillissement.

Ce fut un choc! Ma chère maman si belle ne pouvait pas avoir un cœur aussi vieux et usé. Il était encore capable d’aimer, d’être aimé. J’étais consciente d’une finalité bien sûr, mais en ce qui me concerne, ce cœur usé ne m’atteindrait pas, du moins, pas le mien.

À cet âge auquel réfèrent Pierre Curzi et Marie Tifo, il y a notre incroyable énergie des temps modernes, la performance à tout prix. Pourquoi? À vous et à nous d’y répondre.

Nous nous tenons à l’affût de tout ce qui peut nous rendre immortel, l’alimentation corporelle, intellectuelle, le maintien d’un corps en parfaite harmonie avec notre cerveau. Le désir d’aimer et surtout d’être aimé pour ce que nous représentons comme unicité, un être de chair, de sang, de désirs, d’intelligence et d’espoir pour un monde meilleur, absent de méchanceté, d’arrogance, de matérialisme et de superficialités mais teinté de sincérité et anobli d’une mission de réussir une vie, sa vie, avec le meilleur de nos profondes convictions.

Non, nous ne sommes pas vieux, mais fragilisés par un âge chronologique. Remercions plutôt le siècle dans lequel nous avons le bonheur de vivre et l’attention que nous portent les dirigeants et les scientifiques qui quelque part nous disent: ne me laissez pas mourir, j’ai encore quelque chose à vous dire (titre de mon prochain livre) si je survis, bien sûr… à cette pandémie.

Céline Tessier

Trois-Rivières