L’auteur de cette lettre veut rappeler que l’innocuité du Bti repose sur un consensus scientifique établi depuis près de 40 ans.
L’auteur de cette lettre veut rappeler que l’innocuité du Bti repose sur un consensus scientifique établi depuis près de 40 ans.

Le Bti: une solution sécuritaire, écologique et reconnue

OPINION / L’auteur, Richard Vadeboncoeur, est biologiste et vice-président au développement des affaires pour G.D.G. Environnement. Il adresse cette lettre à Benoit Charrette, ministre de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques.

Monsieur le ministre,

Par la présente, je vous écris aujourd’hui à la suite de la lecture d’une lettre ouverte publiée le 26 mai dernier dans le quotidien régional Le Nouvelliste qui vous interpellait. Cette dernière faisait état de faits non fondés à propos de l’épandage de Bti sur le territoire de la ville de Shawinigan.

Nous sommes conscients que certaines personnes peuvent être opposées à cette solution et c’est pourquoi nous tenons à vous rappeler que l’innocuité du Bti repose sur un solide consensus scientifique mondial établi depuis près de 40 ans.

Au Québec, nous avons fait le choix avant-gardiste d’aborder les problèmes de démoustication de façon écologique et responsable en 1980 et, au fil du temps, le Bti s’est avéré la meilleure solution pour cette opération. Les plus récentes études ont permis de reconfirmer la très grande sécurité du produit tant pour la faune non ciblée que pour l’ensemble des écosystèmes où le produit est appliqué.

Pour sa part, G.D.G. Environnement a pour mission d’améliorer la qualité de vie des citoyens et la protection de la santé publique à l’aide d’une solution écologique dans un contexte de développement durable. Notre équipe, composée de professionnels provenant des domaines de la biologie, de l’environnement, de la foresterie et de l’entomologie, est dédiée à cette cause et recommande sans ambages l’utilisation du Bti.

Le fonctionnement des programmes de contrôle biologique à l’aide de ce produit cible les stades larvaires d’insectes piqueurs et non les insectes adultes. La raison étant que les larves d’insectes piqueurs sont vulnérables, car elles sont confinées dans les petites mares, fossés ou autres tandis que les stades adultes se dissipent sur l’ensemble des territoires où aucune action écologique n’est alors possible.

Nous portons également à votre attention que dans des dizaines de municipalités du Québec, le contrôle biologique a permis de restreindre à néant l’utilisation des pesticides et d’insectifuges chimiques.

Il est aussi important de souligner le rôle des programmes de contrôle biologique dans la préservation des milieux humides puisque de nombreux citoyens vivent à proximité de ces zones. Les programmes actuels accroissent donc l’acceptabilité sociale protégeant à la fois les zones sensibles tout en permettant aux citoyens d’y vivre sans subir d’inconfort et de risques pour leur santé. Ce qu’il faut retenir, c’est que la cause réelle du déclin de la biodiversité en milieux urbain et périurbain, lorsqu’avéré, est liée à la perte des habitats (développements domiciliaires) et non aux programmes de contrôle biologique.

Chez G.D.G. Environnement, nous avons à cœur de divulguer une information qui est juste et validée. Ainsi, tout n’est pas noir en environnement au Québec malgré ce que peuvent véhiculer certains groupes. À titre d’exemple, nos insectes aquatiques seraient en augmentation de 38 % depuis 30 ans selon une méta-analyse qui porte sur 166 études de longues durées. Ces données sont fiables et très récentes puisque les résultats ont été publiés dans la revue Science du 24 avril dernier.

Ces données ne sont pas une surprise pour nous puisque les constats de nos experts terrain abondent dans le même sens. À ce propos, nous effectuons des échantillonnages entomologiques depuis plus de 30 ans et nous constatons cette augmentation dans les populations de moustiques et de mouches noires (simulies). Ainsi, les efforts de protection de nos rivières réalisés au cours des dernières décennies ont permis la recolonisation par ces populations d’insectes aquatiques réputés sensibles et qui sont d’excellents bio-indicateurs de la qualité de nos cours d’eau.