Selon l’auteur de cette lettre, les problèmes liés au bruit causé par les hydravions touristiques sont loin de faire partie des préoccupations des candidats à la mairie de Shawinigan.

Le bruit n’est pas au cœur des préoccupations des candidats

Selon une enquête de la Santé publique publiée en 2016, un adulte québécois sur six est fortement dérangé à son domicile par le bruit dans le voisinage. À cet égard, les citoyens de Lac-à-la-Tortue ne sont pas en reste! 

Bruit répétitif des hydravions touristiques, une nuisance à la qualité de vie reconnue par la Santé publique.

Trois études de Transports Canada ont relevé que les niveaux de bruit atteignaient 101 dBA à l’extérieur, soit à peu près le niveau sonore d’une discothèque, et 75 dBA à l’intérieur des résidences voisines de l’hydrobase. 

Dans l’impossibilité d’avoir chez eux une vie sociale normale ou la possibilité de jouir paisiblement de leur propriété et du lac des citoyens rêvent depuis 22 ans à des lance-missiles domestiques!

Faut-il rappeler que lorsque le niveau de bruit en bordure d’une autoroute excède 65 dBA, le ministère des Transports procède à l’érection d’un mur coupe-son alors qu’en France, lorsque le bruit extérieur excède 25 dBA, l’occupant peut porter plainte et la cause est entendue par un juge. Et comme si ce n’était pas suffisant, les dimanches c’est la valse du bruit des tondeuses et du champ de tir et les nuits faites pour se reposer le relais est pris par le bruit de l’entreprise Arbec et celui de la gare de triage. 

Ces «incommodés» par le bruit qui n’a pas d’équivalent dans aucun autre district de la ville sont néanmoins qualifiés par certains d’intolérants et de capricieux. 

Pourtant, si la plupart des Villes ont une réglementation sur les nuisances sonores, peu possèdent un sonomètre pour mesurer le bruit pas plus que de technicien pour l’opérer et agir comme témoin en cas de poursuite.

Mais en amont, pourquoi les villes ne feraient-elles pas preuve d’initiative en mettant sur pied un observatoire du bruit doté d’un médiateur visant à faciliter les relations de bon voisinage? Comment expliquer que le contrôle du bruit ne soit pas considéré au Québec comme une priorité environnementale et un enjeu de société? 

En grande partie en raison de l’ignorance et l’indifférence des élus qui minimisent la gravité du problème, selon l’Institut national de la santé publique du Québec.

À preuve de cette indifférence, malgré des invitations répétées, jamais aucun élu de la Ville de Shawinigan ne s’est déplacé pour entendre le bruit récurrent des mouvements répétés des décollages d’hydravions touristiques par journée de grand achalandage. 

Ils croient, comme beaucoup de gens, que les problèmes de bruit ne sont que ponctuels et disparaissent par enchantement. Mais il n’en est rien: le bruit et ses conséquences pour la santé sont chroniques. On parle d’hypertension, de maladies cardiovasculaires, de problèmes de sommeil et d’acouphènes. 

Dans le cadre de la campagne électorale municipale, cette politique de l’autruche, du déni et d’aveuglement volontaire est celle de tous les candidats et candidates qui clament haut et fort que la «qualité de vie» des citoyens est au cœur de leurs préoccupations. 

Ces derniers oublient que le droit à la quiétude et au confort garanti par la Loi sur la qualité de l’environnement est une composante essentielle de la qualité de vie. 

Pourtant, d’autres municipalités, par exemple Saint-Jean-des-Piles avant la fusion, Alma, Saint-Donat, Saint-Raymond, Deschambault et Lac-Ouimet, n’ont pas toléré les vols touristiques à répétition sur leur territoire et près de Québec à Saint-Augustin, après des décennies d’activité, l’hydrobase a été fermée par décision du ministre fédéral des Transports.

Maintenant que faire en attendant l’élection de décideurs politiques qui n’auront pas perdu le sens le plus élémentaire de la priorité naturelle de la démocratie à savoir faire primer l’intérêt public sur les intérêts privés? S’indigner, dénoncer et militer au sein d’un organisme voué à la défense de la qualité de vie comme la Coalition contre le bruit. C’est un bon départ.

Claude Gélinas

Shawinigan