Caroline Guay de la Démarche des premiers quartiers.
Caroline Guay de la Démarche des premiers quartiers.

Le bras social de la Ville?

OPINIONS / Quelle tristesse en ouvrant mon Nouvelliste lundi matin et en prenant conscience de la potentielle fermeture de la Démarche des premiers quartiers de Trois-Rivières.

En arrivant dans la belle Trifluvie en 2013, j’ai certes été charmée par sa beauté, ses infrastructures modernes et rassembleuses, son centre-ville, ses boisés, etc. Je me suis dit: «Wow! Quelle belle ville!» Je l’ai faite mienne et je l’aime un peu plus chaque jour.

J’ai ensuite rapidement été charmée par son monde. Par le dynamisme de ses citoyens et des organisations qui l’habitent et l’habillent.

Une ville est aussi riche de ses entreprises, de ses commerces, que de son tissu social, de sa qualité de vie.

Bien naïvement, j’ai longtemps pensé que la «Démarche des premiers quartiers» était le bras social de la Ville, au même titre qu’Innovation et développement économique (IDE) en est le bras économique. Pourquoi? Parce que je les voyais partout, dynamiser nos vies de quartier.

On en a vu passer au fil des mois et des années des projets, des actions. Qu’on parle de participation citoyenne, de consultation ou de culture et d’histoire avec «Les premiers quartiers racontés». Qu’on pense aux bacs à jeu pour les familles, les microbibliothèques, les jardins communautaires, la revitalisation du Bas du Cap, le Carré de la Fosse, pour ne nommer que ceux-là.

Dans chacun de ces projets, je voyais en filigrane le plan d’action de la Ville de Trois-Rivières. D’où ma mauvaise compréhension qui me faisait penser que la Démarche était tout simplement le bras social de la Ville sur le terrain, donc plus léger à déployer qu’un service municipal. Fort de ses employées dévouées, professionnelles et compétentes, je me disais qu’au même titre que la Ville peut être fière de son bras économique (IDE), elle en avait un aussi très solide au niveau social avec la Démarche des premiers quartiers.

Aujourd’hui je me questionne à savoir qui reprendra le flambeau demain. Où se situeront la consultation, la concertation et la participation citoyenne si la Démarche s’éteint? Quelle organisation acceptera de s’essouffler à trouver du financement jour après jour et pour combien de temps?

Le communautaire est en première ligne, tout le temps et plus souvent qu’autrement avec des budgets insuffisants. Trop peu de financement à la mission. Toujours se battre pour des enveloppes par projets. Je n’ai pas de réponse mais je lance la question. Qui reprendra le flambeau? Et le flambeau doit-il être passé alors qu’on a déjà l’outil en place? J’en appelle à la Ville de Trois-Rivières: ne vous amputez de pas votre (notre) bras social.

Marjolaine Cloutier

Trois-Rivières