Le sort de l’église Saint-Pierre de Shawinigan sera décidé lundi à 19 h au sous-sol de ce bâtiment patrimonial classé supérieur.

L’avenir de l’église Saint-Pierre: l’affaire de tous

En 1984, la cathédrale a été restaurée au coût de 4,5 millions $ pour les fêtes 350e de Trois-Rivières. Les travaux ont, en grande partie, été payés par les paroisses. Quelques années plus tard, le diocèse annonce aux paroisses qu’elles pouvaient restaurer leurs églises, en autant qu’elles soient sur la liste du patrimoine, soit 26 églises.

Qu’elle était la méthodologie pour décréter 26 églises sur le patrimoine? J’ai l’impression que c’était plus une question politique et d’argent que de véritables critères patrimoniaux. Il est certain que théoriquement toutes les paroisses aimeraient garder leur bâtiment puisque dans la majorité des cas, cela a été le premier bâtiment du village et placé en son centre. Est-ce une raison suffisante? En partie, cela ne doit pas être le seul critère, il va sans dire l’état du bâtiment en fonction des sommes à débourser, son architecture et son architecte, les finis extérieurs, les oeuvres d’art, la rareté, etc. Dans les faits, je crois qu’il y a huit églises dans le diocèse qui doivent être protégées.

Nous devons parler de deux choses, c’est-à-dire: le bâtiment et les oeuvres d’art ou les choses de grande valeur comme le diocèse les nomme. Les oeuvres ou les choses de grande valeur devraient demeurer dans le milieu et être intégrées à des bâtiments publics. On peut penser aux centres culturels, aux bibliothèques, aux sociétés d’histoires et même aux églises restantes ou encore la Cité de l’énergie et même la nouvelle marina du secteur Grand-Mère, etc. Ces choses de grande valeur ont été payées par les paroissiens ou des dons privés offerts par les gens du milieu. Je pense aux vitraux ou le maître autel en marbre de Saint-Pierre qui a coûté 18 400 $ de l’époque et payé par M. A. Gigaire.

Une liste des priorités d’infrastructures ou de bâtiments que la ville ne peut se permettre de perdre devrait être établie. L’ensemble de cette liste doit refléter les différentes périodes importantes du développement de la ville et de son histoire industrielle, culturelle, communautaires, religieux, sportif, urbanistique. Tout cela est théorique et difficilement réalisable, mais les décisions concernant le patrimoine doivent être prises de façon à rejoindre cet idéal.

Lorsque l’on parle de patrimoine à protéger, on parle de l’extérieur d’un bâtiment et non de l’intérieur. Il existe des cas ou la décoration ou des oeuvres sont protégées. L’église de Notre-Dame-de-la-Présentation en est un cas ou les tableaux d’Ozias Leduc sont protégés. En principe ces tableaux marouflés pourraient être installés dans un autre édifice patrimonial.

Une enveloppe budgétaire est accordée par région à peu près chaque année. Les sommes sont distribuées en fonction des finances des 26 paroisses de la liste si elles possèdent 30 % du budget demandé. L’argent devrait être accordé aux églises dont les toits coulent, ensuite à ceux dont les fenêtres et les portes sont a refaire ou à changer… eh ben non.

L’église Saint-Paul a réparé son toit et pendant ce temps, Saint-Pierre réparait ses orgues au coût de 40 000 $ et le toit continue à couler.

Le patrimoine religieux à Shawinigan se résume à deux bâtiments religieux: Saint-Pierre, Saint-Paul. Il y a aussi St. Stephen, qui est rendu privé.

Trouvez-moi un Québécois qui va en Europe et qui ne va pas visiter les églises. J’ai vu à Trois-Rivières, un autobus de Français émerveillés lors de la visite de la cathédrale. Ils étaient surpris de voir que tout était de bois et propre. Les vitraux de la cathédrale sont du même artiste, Guido Nincheri.

Il faut adapter les visites de ces lieux sur une orientation plus neutre que la religion. En exemple, les vitraux de Saint-Pierre, sont comme des bandes dessinées. Parlons de la vie des artistes, des techniques de fabrication, de la composition et d’anecdotes.

Citoyens de Shawinigan, lundi à 19 h au sous-sol de l’église Saint-Pierre de Shawinigan, sera décidé ce que l’on fait avec ce bâtiment patrimonial classé supérieur. Allons-nous laisser démolir un autre pan d’histoire de Shawinigan et perdre les grandes artistiques payées par nos concitoyens?

Les sociétés d’histoires et les représentants des départements d’histoire du scolaire devraient venir donner leur point de vue.

Yvon Leclerc, chercheur indépendant

Notre-Dame-du-Mont-Carmel