L’art de se mettre en scène

Malgré tout ce qui a été dit et écrit à la suite du «publireportage» publié le 5 décembre 2018 dans Le Journal de Québec au sujet de l’habillement de la députée de Taschereau, Catherine Dorion, et dans lequel elle prenait la po`se, force est d’admettre que ce sujet n’a pas été épuisé.

Il devient alors bien difficile de rester coi devant cette mise en scène calculée qui, à mon avis, a raté sa cible.

Pourquoi? Pour deux raisons.

D’abord, parce qu’après avoir elle-même mis le focus médiatique sur ses vêtements, en avoir fait tout un spectacle, elle ose par la suite critiquer les gens sur plusieurs tribunes en leur disant d’écouter ses propos, de ne pas être superficiels et de ne plus lui parler de ses habits. C’est, disons, ce que l’on peut qualifier du syndrome de pompier pyromane.

Ensuite, sa prétention d’être la seule qui représente le vrai monde et son habileté à faire glisser son discours d’ouverture sur la différence, en rendant suspects les élu(e)s qui portent tailleur ou veston et cravate, n’est pas ce que l’on peut qualifier de propos inclusifs.

Son objectif légitime de se présenter à la reprise des travaux de l’Assemblée nationale avec sa personnalité, avec un regard neuf sur la fonction de député et son souhait d’y apporter sa couleur, a malheureusement été éclipsé par son désir de ne faire parler que d’elle-même. On connaît la musique: «parlez-en en bien, ou parlez-en en mal, il en restera toujours quelque chose.»

En somme, c’est comme si elle n’avait pas compris que, comme députée, elle représente tous, et je dis bien tous, les gens de son comté, et ce, sans exception, même les gens qui portent tailleur ou veston et cravate.

Il est fort probable que Madame Dorion maîtrise bien l’art de se mettre en scène, mais les commettants s’attendent à ce qu’une élue pose des gestes concrets pour répondre réellement aux besoins de ses concitoyens et concitoyennes, gestes qui permettront d’améliorer leur qualité de vie.

Pour l’instant, ils n’ont eu droit qu’à un spectacle et, si elle poursuit en ce sens, le risque qu’elle devienne une caricature n’est pas loin.

Jean-Pierre Jolivet

Shawinigan