Le nouveau conseil municipal de Trois-Rivières.

L’art d’avoir toujours raison

En réaction à la chronique de Jean-Marc Beaudoin intitulée «Prétexte aux hostilités: le colisée», publiée dans notre édition du 11 novembre dernier.

À l’instar de la conseillère municipale Mariannick Mercure, j’ai été surpris par la chronique de Jean-Marc Beaudoin. Avec raison, la conseillère du district des Forges n’a pas manqué tout d’abord de souligner la différence entre un «point de vue extérieur» au conseil de l’hôtel de ville et un «point de vue de l’intérieur de l’hôtel de ville». Effectivement, madame Mercure s’étonne du premier quatrain de ce Nostradamus local en précisant que son point de vue, «laisse croire qu’un groupe en opposition au maire Lévesque s’est formé et attend la première occasion pour le confronter». 

Comme à son habitude, Jean-Marc Beaudoin s’est transformé en cartomancien et a tenté per fas et nefas de faire croire aux lecteurs que ses prédictions et présomptions douteuses sont vraies. Sous le couvert d’une «apparente analyse», son texte laisse croire à première vue qu’il est objectif dans ses affirmations. Toutefois, il expose aux lecteurs une vision monochrome et bien personnelle de la vie politique trifluvienne. Ce qui me permet d’en déduire que M. Beaudoin entretient la controverse sur certains dossiers en suggérant à un peu tout le monde et surtout aux nouveaux acteurs politiques de la région, qu’ils doivent absolument en venir «aux hostilités» avec le maire Lévesque.

Or, en présumant par exemple que «la nouvelle composition du conseil municipal [fera] que les quatre prochaines années seraient probablement les plus difficiles pour lui à la mairie de Trois-Rivières», je me demande pourquoi il en serait forcément ainsi?

Plus loin, le chroniqueur présage qu’au «mieux […] sept conseillères ou conseillers […] pourraient se ranger plus naturellement derrière le maire»; je n’arrive pas à comprendre comment il peut arriver à ce résultat en se basant sur «les sympathies des uns et des autres» envers le maire. À moins d’avoir une boule de cristal ou d’être dans le secret des dieux, je ne vois pas comment Jean-Marc Beaudoin serait en mesure d’évaluer le capital de sympathie des élus après la première rencontre des membres du nouveau conseil. J’ose espérer que les conseillères et conseillers sauront faire la part des choses et mettre de côté leur parti-pris, s’ils en ont, dans l’intérêt des citoyens qui les ont élus, lorsqu’ils devront traiter ensemble de tels ou tels dossiers.

Une autre présupposition qui soulève un malaise dans mon esprit est lorsqu’il affirme que même si «tous les élus se présentent comme ‘‘indépendants’’, des non-alignés, […] sans partialité politique», il y aurait «dans plusieurs cas une opposition encore sourde qui a hâte de s’exprimer». Qu’en savons-nous vraiment?

Mais la pire présomption à mon avis concerne les courbettes que devraient faire les élus devant le maire Lévesque pour obtenir des postes «convoités» au sein du conseil exécutif et à «certains sièges de commissions municipales». Dire que «pour s’en faire accorder un, il faut être gentil avec le maire et lui donner l’assurance qu’il en sera ainsi pendant un bon bout de temps, parce que c’est lui qui fait les nominations», c’est dire que le maire n’a aucun jugement pour assumer ses fonctions. C’est dire aussi que les élus au conseil municipal doivent être nommés non pas en fonction de leur aptitude et de leur compétence mais en fonction de leurs «accointances» avec le maire. Ce qui revient à dire que les élus nommés à ces postes le seraient par manque d’intégrité.

Comme nous sommes dans le domaine des opinions, des déductions et des présupposions, je dirais que la vision de M. Beaudoin s’aligne parfaitement avec les groupuscules qui s’opposent systématiquement au maire Lévesque, quoi qu’il dise ou quoi qu’il fasse. Et si mes opinions ne valent pas mieux que les siennes, celles-ci ne valent pas mieux que les miennes.

Denis Audet

Trois-Rivières