L’apostrophe ne remplace rien

OPINIONS / En réaction à la lettre d’opinion de M. Roger Matteau intitulée «Pâques des uns, Pâques des autres», publiée dans notre édition du samedi 20 avril dernier.

Pour avoir vu votre signature au bas d’opinions parues dans Le Nouvelliste, je saisis plutôt bien à quelle enseigne vous créchez. Très bien!

Monsieur l’abbé Jean Panneton signe aussi ses opinions, ma foi, bien écrites et pensées… sans forcément soulever mon accord. Mais il a tout mon respect.

Il y en a qui croient, qui ont la foi. La foi qui fait croire à une narration historico-religieuse identifiant des personnages dont l’historicité stricte est absente. Mais, la foi est non négociable, indiscutable. C’est une croyance ferme. Peu importe la foi.

Comme votre propre foi aux crédos qui sont vôtres devrait – comme toute foi – vivre et laisser vivre la foi de chacun, dans les limites de l’intime et de la liberté de conscience.

Vous servez mal ce à quoi vous croyez en étant aussi mesquin. Notamment envers l’abbé Panneton qui n’a jamais caché son grand âge. Il l’a même écrit récemment. Il devrait pouvoir en tirer la fierté du vieux chêne qui continue à fournir de jeunes fruits.

Comestibles pour certains; indigestes pour d’autres. Vous écrivez: «…termes et style du siècle dernier et même avant… souvent dans le vide». Triste et désolant à lire.

Il est à souhaiter que votre Pâques ait été plutôt un congé dit «pascal» et que vous ayez pu en tirer avantage.

Joshua ben Joseph (Jésus à Joseph) a-t-il réellement existé? Ce nom-là, oui parce qu’il y a des centaines de Joshua et de Joseph dans les temps évoqués. Ce Joshua-là qu’on raconte, on n’en sait rien. Et, rien n’empêche d’y croire tout comme aux Évangiles toutes écrites après la mort de ceux à qui on les attribue.

Un Sauveur, un Fils de Dieu, un Judas traître, un Barabbas brigand choisi pour vivre et un Jésus à faire crucifier: que peut-on croire là-dessus? Dieu existe-t-il, a-t-il créé le monde? Et Noé, son Arche, Moïse, Abraham, Adam et Ève desquels il faudrait inverser les sexes, le Roi David, Abel et Caïn? Bref, la Bible au complet est-elle autre chose qu’un grand récit?

À chacun et chacune de se faire un nid fidèle à leurs propres croyances. De façon respectueuse.

M. Matteau ce que vous appelez faussetés relève de la Foi… que vous n’avez pas. Cependant, vous seriez en droit de vous attendre à ce que votre point de vue soit respecté. En d’autres temps dictés par une Église omnipuissante on vous aurait malheureusement fait taire. Très malheureusement! Puisque tout le monde a droit à son opinion. Sans qu’elle soit expressément utile à entendre.

Vous écrivez aussi: «Pour digérer toute cette pseudo nourriture à la sauce mal ficelée en 2019, le cynisme méprisant pétrissant votre texte est sûrement d’une grande utilité pour qui croit la même chose que vous».

Vous tentez d’établir une vérité, la vôtre. Beaucoup se hasardent à établir des vérités fondamentales. Et, pourtant, il a déjà été écrit que le contraire de la vérité n’est pas le mensonge ni la contre-vérité. C’est plutôt la croyance, la conviction, l’adhésion, les certitudes et l’inébranlable foi en quête de dogmes.

Les dogmes sont nocifs parce qu’ils relèvent des doctrines. Assembler des notions dans un ordre dans lequel on donnerait une interprétation assurée est et sera constamment dangereux pour l’esprit humain. Le nom pour cela: aliénation.

En 2019, personne ne tord un bras à qui que ce soit pour une foi… mis à part les terrorismes criminels. Mais, la foi dans le système économico-financier qui gouverne peut autant nous perdre – lentement ou rapidement – que les dérives de la foi religieuse.

Jean-Claude Soulard

Trois-Rivières