Laisser partir ceux qu’on aime est un acte d’amour

En réaction à la lettre d’Henri Provencher intitulée «Aide à mourir ou permis de tuer?», publiée dans notre édition du 14 janvier dernier.

M. Provencher, vous semblez avoir manqué un point important en ce qui concerne l’aide médicale à mourir. Ce ne sont pas nos gouvernants qui ont lancé l’idée de l’aide à mourir. Ce sont des personnes très souffrantes et gravement malades qui n’ont plus aucune qualité de vie.

Tant mieux qu’il nous soit impossible de tuer un animal qui souffre puisque certaines personnes les massacreraient en leur infligeant encore plus de souffrances avant de mourir. Nous amenons nos animaux souffrants chez le vétérinaire afin d’abréger leurs souffrances. C’est un acte d’amour que de laisser partir ceux que l’on aime.

Je suis ravie de savoir que je pourrais demander de l’aide à mourir quand le temps viendra. Je veux être maître de ma vie et de ma mort. Il ne faut pas avoir beaucoup souffert pour être contre l’idée de l’aide à mourir. J’ai lutté contre un cancer avec métastases en phase quatre, qui est la phase terminale. Je peux témoigner de l’agonie pure et dure que j’ai endurée. Mon plus grand désir était de mourir pour faire cesser cette agonie. Si les docteurs et oncologues n’avaient pu soulager ou alléger mes souffrances, je les aurais suppliés de m’aider à partir le plus rapidement possible. Il m’était impensable de vivre dans un corps détruit et d’agoniser jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Quand je regarde les grands malades couchés dans leurs lits attendant péniblement et de façon souffrante la mort, sachant que rien ne peut les soulager, lorsqu’il n’y a plus aucune qualité de vie, je me dis, de grâce, laissez-les partir.

M. Provencher, lorsque vous ne pourrez plus vous lever, marcher, vous nourrir, changer votre couche et que votre âme criera à la délivrance, on s’en reparlera.

Anne-Sylvie Duquette

Saint-Boniface