Laïcité ou «voiléïcité»?

OPINIONS / En examinant où en est rendu le débat actuel, nous nous rendons compte que cela n’a plus aucun rapport avec la laïcité. Tout ce dont nous entendons parler ne touche que le voile des musulmanes. Je ne vois vraiment pas pourquoi un simple voile pourrait perturber une société comme la nôtre. Ce dont je me rends compte, c’est que le débat ne fait qu’accentuer une certaine hargne vis-à-vis des musulmanes. Était-il vraiment nécessaire d’en venir à une telle confrontation sociétale?

Dans les années 60, lorsque le peuple québécois a remis la religion catholique à sa place, nous n’avons eu besoin d’aucune intervention du gouvernement, aucune loi spéciale, le tout se fait simplement dans une révolution tranquille orchestrée par le peuple lui-même. C’est ainsi que l’évolution de notre société devrait toujours se faire.

Je réalise que le Parti québécois ainsi que la CAQ n’ont réussi qu’à diviser les Québécois. Le mot laïcité signifierait-il extrémisme? Le premier ministre Legault ne pourrait-il se concentrer sur des problèmes urgents, telles les inondations, plutôt que de harceler certaines enseignantes portant le voile?

Ce débat actuel au Québec ne fait qu’alimenter le populisme de droite. On se croirait sous le régime de Trump. Je ne vois vraiment pas en quoi un voile sur la tête d’une enseignante pourrait perturber un enfant à l’école. Le premier ministre François Legault et le ministre Simon Jolin-Barrette s’imaginent-ils augmenter leur popularité ainsi? Depuis qu’ils sont élus, il semble tirer sur tout ce qui bouge sans prendre le temps de la réflexion: le projet de loi sur la laïcité, l’implantation des maternelles quatre ans, etc.

Serait-ce que pour nous débarrasser de Couillard, nous aurions choisi pire?

Monsieur Legault, s’il vous plaît, libérez-vous de vos obsessions personnelles et concentrez-vous plutôt à aider les victimes des inondations à travers le Québec, elles en ont grandement besoin. Il y a présentement des choses beaucoup plus importantes qui méritent toute l’attention du gouvernement.

Thierry Évrard

Trois-Rivières