La problématique liée à l’agrile du frêne prend de l’ampleur.

L’agrile du frêne à Shawinigan: que faire ?

Au cours des deux derniers mois nous avons été sensibilisés à la problématique liée à l’agrile du frêne qui attaque mortellement cette espèce d’arbre et contre laquelle il existerait certains produits qui seraient efficaces pour la freiner.

Je suis propriétaire résident de cette ville depuis plus de quarante ans. Sur ma propriété il y a un frêne adulte majestueux et resplendissant de santé… pour l’instant. Je suis une personne qui entretient son terrain et ses arbres, qui croit en la prévention, surtout de nos jours, avec ce fléau qui sévit également dans d’autres localités près de nous tout comme éloignées. En ce sens j’ai, bien sûr, contacté les responsables au Service de l’environnement de la Ville de Shawinigan qui eux ne peuvent que conseiller sur les mesures à prendre compte tenu que l’agrile n’est pas présente sur le territoire pour le moment. Le site internet de la ville y consacre aussi bon nombre de renseignements instructifs.

Jusqu’à maintenant, après étude de la situation, la position de la Ville semble être d’utiliser le budget disponible à se préparer afin de remplacer les arbres attaqués lorsque sera venu le temps de le faire. Cette position repose sur le fait que les produits actuels n’éradiqueront pas totalement et définitivement l’organisme qui attaque les frênes; leur application ne sera que palliative et devra être appliquée de façon régulière. Peu importe, la perte de l’arbre sera inévitable. Si de nouveaux traitements plus prometteurs sont homologués, il y aura sûrement réévaluation de la part de nos autorités quant à la marche à suivre.

Les positions sur les traitements à prodiguer peuvent être variées comme nous pouvons le constater en examinant les actions prises par d’autres villes des alentours. Cela ne change pas le fait que l’agrile ne sera pas éradiquée à tout jamais. Notre ville a choisi de suivre sa position telle que décrite ci-haut.

Compte tenu de ceci, nous nous interrogeons à savoir: est-ce que cette position est la bonne ? Est-elle la meilleure? Je crois que la dimension de prévention a passablement de mérite, car pour le moment nos frênes ne sont pas sous attaque. Ils contribuent à la valeur sans cesse croissante de nos propriétés sur lesquelles nous payons des taxes. Sans compter le fait indéniable que ces feuillus contribuent de façon significative à réduire le taux de dioxyde de carbone (CO2), de fournir l’essentiel oxygène, de réduire la température de l’environnement (causé par les trop nombreux îlots de chaleur). Effet non négligeable, ils freinent en outre les vents dommageables, etc.

Ne serait-il donc pas justifiable de consacrer un budget à la prévention de l’ensemble des frênes sur notre territoire, la Ville assumant le coût pour les arbres publics, bien entendu, tout en négociant un prix équitable pour tous, alors que les propriétaires assumeraient le coût pour leurs arbres s’ils désirent adhérer à ce programme? Cette position conserverait les acquis, et les valeurs le plus longtemps possible, tout en donnant force à la politique de la ville en aménagement de l’environnement. Mieux encore, afin d’encourager les citoyens et citoyennes dans leur quête de devenir «verts» (ou de tendre encore plus vers le «vert foncé») pourquoi la Ville de Shawinigan n’offrirait-elle pas un montant forfaitaire, disons 100 $, à quiconque désire replanter une autre espèce noble après la mort d’un frêne sur sa propriété? Comme incitatif pour soutenir leur élan d’amants d’une planète en santé, cela représenterait un peu plus que la maigre somme que nous offre présentement la ville en acceptant de ne pas imposer de frais de permis d’abatage pour un arbre malade ou irrémédiablement endommagé. La balle est dans votre camp, chers élus.

Il existe aussi la réelle possibilité qu’un traitement de longue durée soit développé sous peu et qui réglerait ce phénomène naturel. Notre ville a une politique environnementale valable ainsi que des responsables qualifiés pour mener à bien une action de prévention. Il est du devoir de nos élus de consacrer les moyens qui leur permettront de mener à bien une mission de prévention telle qu’il se fait dans d’autres villes.

John A. Mac Donald

Shawinigan