L’ABI et l’hypothèse du ministre Boulet

OPINIONS / Voici mon opinion de simple citoyen concernant la vision à long terme pour l’avenir de l’ABI.

D’abord, au sujet des emplois stables, quel est le nombre d’employés syndiqués qu’ABI entend maintenir pendant la durée de la convention collective de ses travailleurs?

Le nombre d’employés syndiqués permanents par tonne à produire (environ 430 000 T/an) doit selon moi être établi par comparable avec les autres alumineries au Québec ou ailleurs lorsque possible de comparer, et intégré à la convention collective pour la durée de cette convention.

Ce nombre d’employés par tonne à produire doit être un nombre fixe pour produire 430 000 T/an. L’augmentation du nombre de tonnes produites par rapport à la cible pourrait être associée à une certaine forme de bonus en salaire ou autres avantages aux employés pour chaque tonne supplémentaire produite.

Dans le cas d’une diminution du nombre de tonnes ciblées, il pourrait y avoir une diminution du nombre d’employés pour produire la valeur cible l’année suivante.

Ce serait générateur de motivation pour les employés.

Au sujet de la pérennité de l’usine, ABI doit fournir à ses employés et au gouvernement du Québec sa planification et ses engagements ($) qui lui permettront d’améliorer et de maintenir la technologie, les équipements et les employés à jour pour la durée de la convention collective. Un montant cible annuel doit être engagé et dépensé à cet effet, sinon une pénalité sous forme d’impôt supplémentaire à payer sera appliquée par le gouvernement.

Quant au climat de communication, au style de gestion et à la culture d’entreprise, cet enjeu est majeur et l’employeur doit démontrer beaucoup de leadership sur ce point, y aller petit pas par petit pas et y mettre les budgets, les ressources et compétences internes et externes nécessaires pour y parvenir. Le syndicat doit y être impliqué et faire partie de ce long processus.

Comment ABI s’engagera-t-elle à modifier sa culture et son style de gestion des ressources humaines pour favoriser et accroître ce qu’on appelle le sentiment d’appartenance de ses employés?

ABI doit être en mesure de dire à ses employés quels seront les jalons et cibles à atteindre pour s’assurer du suivi adéquat de ses objectifs en matière de communication et relation de travail.

Elle doit faire changer la culture de son entreprise pour favoriser le passage de ses employés, de simples exécutants à des partenaires intéressés avec un fort sentiment d’appartenance et d’esprit ouvert à la réussite de l’entreprise.

Le succès de ce changement de culture ne peut être atteint d’un seul coup en une seule année, ce processus doit être intégré à la convention collective et doit en faire partie pendant toute sa durée: 4 ans, 6 ans ou 8 ans... Je ne suis pas un expert, je suis maintenant à la retraite, mais j’ai plus de 35 années de vécues dans des milieux industriels comme employé syndiqué, et j’ai vécu trois fermetures d’usine.

J’ignore si le ministre Boulet travaille son hypothèse dans ce sens, je l’espère...

Denis Rioux

Trois-Rivières