Le pape François

La vraie raison de la demande pour des excuses papales envers les Premières Nations

Le 1er mai dernier, la Chambre des communes a voté, à une très forte majorité, une motion invitant le pape à s’excuser pour les graves sévices qu’ont fait subir les pensionnats catholiques du pays à des enfants autochtones. J’ai du mal à estimer le pour et le contre de cette demande de la plus haute instance civile faite à la plus haute instance religieuse. Il me faudrait parlementer avec le premier ministre.

Mais le fait que cette demande soit soumise en ce moment, à un an et demi des élections, a quelque chose de pervers. L’instrumentalisation par le pouvoir politique des tristes histoires des pensionnats est évidente. Il dit ce que les Canadiens et les Canadiennes veulent entendre, de telle sorte que tant vaut le vote des députés en faveur de cette demande, tant vaut celui des électeurs et des électrices en faveur d’un parti ou d’un autre.

Un mot de Jean Cocteau est ici inspirant: «En fin de compte, tout finit par s’arranger, sauf la difficulté d’être qui ne s’arrange pas.» Le pape et le Parlement finiront par s’entendre sur les pensionnats, mais la difficulté d’être Église ne s’arrangera pas pour autant.

Comment se fait-il que l’Église, qui a des milliers d’universités, d’écoles, d’institutions sociales, ne reçoive pour cet incomparable potentiel culturel qu’une demande d’excuses pour des bêtises faites par une poignée d’écoles, entre bois et rivières, qui ont marqué le destin d’enfants de nos Premières Nations?

Nous devons naturellement nous poser la question.

Gérard Marier, prêtre

Victoriaville