La vraie nature de la laïcité

OPINION / Qui a lu le texte de la loi sur la laïcité de l’État, sanctionnée le 16 juin 2019? À suivre les savantes discussions sur le respect de cette loi, on a l’impression que l’interdiction de porter un signe religieux dans certaines circonstances constitue l’essentiel de la laïcité visée au Québec

Notre laïcité est beaucoup plus large. Il s’agit de la liberté de conscience, de la séparation de l’État et des religions, de la neutralité de l’État, entre autres. Et la question du port d’un signe religieux dans telles circonstances, si grave soit-elle, n’en demeure pas moins une application ou une mesure de la loi 21.

En conséquence, qui conteste l’interdiction du port d’un signe religieux ne conteste pas, par le fait, la loi elle-même sur la laïcité, mais bien une application particulière de cette loi 21. En fait, dans l’hypothèse où le gouvernement aurait permis le port d’un signe religieux là où il l’a interdit, la laïcité n’en aurait pas moins survécu au Québec.

D’ailleurs, la loi 21 n’a pas tout réglé, une fois pour toutes. Aussi, dans sa sagesse, le Gouvernement a précisé qu’il appartenait au Conseil de la magistrature d’établir des règles traduisant les exigences de la laïcité de l’État et d’assurer leur mise en œuvre.

Espérons que cela n’empêchera pas les Ex d’en discuter en toute liberté!

Jean Panneton, prêtre

Trois-Rivières