La Ville de Trois-Rivières tue sa communauté de la voile

OPINIONS / Saviez-vous que la Ville de Trois-Rivières est en train de tuer la voile de plaisance de ses citoyens? Au printemps 2019, monsieur Jean Lamarche sollicitait un mandat à la mairie de Trois-Rivières, et avait trouvé une manne de votes chez les membres de la Marina de Trois-Rivières, leurs familles et leurs amis. Il avait promis qu’il réglerait l’impasse causée par les administrateurs de la Ville de Trois-Rivières qui retardaient sans cesse la signature du renouvellement du bail avec la Marina. Et pourquoi?

À travers des raisons injustifiées et des actions méprisantes, la Ville avait fortement abusé de son pouvoir pour tenter de restreindre les activités de plaisance à l’Île Saint-Quentin, sur le dos de ses propres contribuables, pour se prévaloir d’un bout de terrain. La marina située sur l’île Saint-Quentin compte un peu plus de 200 places à quais, soit un mélange d’une majorité de speed boats, et le reste de gros bateaux à tirant d’eau et de gros voiliers. C’est une marina de monsieur et madame Tout-le-monde, de presque toutes les classes sociales, soit des salariés, des retraités, des professionnels, mais toutefois peu de riches. Elle n’a rien à voir avec le nouveau et sélect Yacht Club de Trois-Rivières.

Après l’élection du maire, tout a changé soudainement. En fait, à l’automne 2019, le nouveau maire a dérivé de l’esprit de sa promesse électorale en soutenant une nouvelle version du renouvellement du bail de la Marina que la Ville a entériné étrangement en catimini. On y retrouvait, et sans crier gare, une nouvelle clause qui elle se réfère subtilement à un autre document appelé «Plan de redéveloppement de la marina». Ce document rédigé et instrumentalisé par Innovation et développement économique (IDE), servait à décevoir les membres de la Marina et son conseil d’administration avec des analyses comparatives et subventions aussi bidonnes que farfelues.

Ceci a permis de distraire les plaisanciers d’une clause dangereuse qui prescrivait de mettre fin au remisage d’embarcations sur l’île Saint-Quentin pour 2022. Pourtant, plus de 98 % des marinas importantes dans l’est du Canada, de Toronto à Terre-Neuve, ont un remisage hivernal important pour ses embarcations et ainsi que le remisage estival pour les remorques et supports à bateau. Lorsque ce document a été présenté aux plaisanciers, la Ville a fait passer le message qu’elle ne signerait pas le bail sans que les plaisanciers acceptent le plan de redéveloppement d’IDE tel quel. Certains conseillers n’ont rien vu de la tromperie de cette référence croisée, et d’autres, pourtant, le savaient.

Parmi les conséquences, une centaine de gros bateaux, dont une cinquantaine de gros voiliers, seront évincés, en plus de perdre les revenus de location des places de remisage. Contrairement aux suggestions des administrateurs incompétents dans le domaine du nautisme, il n’y a aucune autre possibilité de remisage sécuritaire à Trois-Rivières aussi près de l’eau, que celui déjà établi à l’île Saint-Quentin depuis plusieurs décennies, et ce, aux seuls frais des membres de la Marina.

Pour reconstituer un autre site sécuritaire, et ce, s’il y avait vraiment une autre place, les fonctionnaires savent bien que ça coûterait des millions aux contribuables. De plus, la Ville est parfaitement au fait que le remisage est une source critique de revenus pour la Marina. Alors il est clair que la finalité désirée de certains individus à la Ville et de faire sombrer la Marina, ce qui tuera la voile de plaisance à Trois-Rivières.

Mais beaucoup de sympathisants citoyens comprennent maintenant l’injustice. On a besoin de vrais conseillers qui se tiendront debout pour redonner à la Marina de Trois-Rivières son remisage comme ce l’était dans l’ancien bail depuis des décennies.

Claude Villemure

Trois-Rivières